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Appel des 110 cancérologues: explosion du prix des nouveaux médicaments, mettons fin à l’économie casino des labos

15 Mar 2016

Communiqués, Medias

110 cancérologues ont lancé ce jour un appel pour dénoncer le coût exorbitant des nouveaux traitements anti-cancer alors même que le coût de la recherche – développement diminue. Pour eux, cela remet en cause « l’équité d’accès des patients aux traitements innovants des cancers » et menace de nous conduire, comme cela est déjà le cas avec le traitement contre l’hépatite C le Sovaldi, vers un système de soin de rationnement rompant avec l’égalité d’accès pour tous.

Comme nous l’avons dit dans notre ouvrage et dans le cadre de notre opération Mains propres sur la santé, 56 médicaments sont déjà commercialisés à un prix public supérieur à 1650 euros la boîte. 70% de ces traitements concernent les traitements contre le cancer.

Aussi, dans l’étude comparée du prix du médicament France / Italie, il apparaît que la France pourrait réaliser 18,6 millions d’euros d’économies par an en alignant le coût du Glivec (antileucémique très utilisé de chez Novartis) sur celui de l’Italie. Idem pour le Zytiga (médicaments contre le cancer de la prostate commercialisé par Janssen-Cilag) qui présente un prix en pharmacie de 3612,58 euros en France contre 3011,21 euros en Italie soit une économie potentielle de 16,7 millions d’euros pour la caisse de la Sécurité sociale.

Il faut rappeler que la facture de la politique du médicament est en grande partie responsable du déficit structurel de la Sécurité sociale avec des dépenses qui culminent à 34 milliards d’euros en France quant l’Italie offre les mêmes garanties sanitaires pour une dépense en matière de médicaments n’atteignant que 18 milliards d’euros.

Les causes de cette inflation du coût du médicament sont connues : opacité des instances de fixation du prix ; sur-prescription médicamenteuse et sous prescription des génériques ; foisonnement de conflits d’intérêts entre l’industrie pharmaceutique, les médecins, les politiques et haut-fonctionnaires…

Les solutions existent aussi pour en finir avec l’explosion des prix du médicament en France. Il faut tout d’abord garantir l’indépendance de l’expertise et des systèmes de sécurité du médicament ; puis revoir la composition des instances d’évaluation, de fixation du prix (CEPS) et de remboursement (Commission de la transparence de la HAS) des médicaments souffrant de trop de porosité avec l’industrie pharmaceutique ; enfin, il convient de revoir le suivi des médicaments et la pharmacovigilance (le danois Peter Gotzsche –responsable de l’Institut Cochrane- considère par exemple sur la base de méta-analyses s’appuyant sur la littérature médicale internationale que certains nouveaux médicaments anti-cancers nuiraient aux chances de survie de certains patients et entraîneraient des effets délétères en fin de vie).

La France pourrait aussi faire baisser drastiquement le prix de ces médicaments en recourant à la licence d’office (dite aussi licence obligatoire) –où en menaçant d’y recourir, l’effet dissuasif doit jouer dans le rapport de force à instaurer entre pouvoirs publics et industrie pharmaceutique- comme le prévoit l’article L613-1 du code de la propriété industrielle. En effet, en vertu de cet article et des accords de l’Organisation mondiale du commerce, le gouvernement français a le droit de délivrer des licences d’office. C’est-à-dire que la France peut légalement autoriser des laboratoires pharmaceutiques concurrents à produire des génériques des anticancéreux vendus hors de prix. C’est ce qu’avait d’ailleurs fait l’Inde et le Brésil en créant des copies d’AZT au moment de l’épidémie du SIDA.

Il est grand temps de répondre au lobbying institutionnel des multinationales de la Big-Pharma et à la faiblesse des moyens de contrôle démocratique dans l’exécution des politiques de santé publique en remettant les laboratoires à leur juste place : celle d’innover, de guérir et non de nourrir exclusivement et abusivement ses actionnaires en spéculant sur la santé des citoyens et en utilisant l’innovation thérapeutique comme un jackpot financier.

∗ Michèle Rivasi, Serge Rader, Marie-Odile Bertella-Geffroy, Le racket des laboratoires pharmaceutiques et comment en sortir, Les Petits Matin, Paris, octobre 2015.
http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006069414&idArticle=LEGIARTI000006279492&dateTexte=&categorieLien=cid

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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