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Ce n’est pas aux industriels de dicter la politique énergétique de la France

08 Fév 2012

Communiqués, Medias

Hier mardi 7 février s’est tenue la 13e édition du colloque annuel du syndicat des énergies renouvelables (SER). Michèle Rivasi, porte-parole d’Eva Joly, réagit aux discussions.

Les propositions du livre blanc du SER visant à porter la part des énergies renouvelables (ENR), de 13% fin 2010 à 25% de la production totale d’énergie (électricité, chauffage, transports) en 2020 sont certes louables, mais ne vont pas assez loin. « La France accuse toujours un grand retard en matière d’énergies renouvelables, surtout l’éolien terrestre qui ne compte en 2011 que 875 MW installés (en baisse de 30 % par rapport à 2010). Dans le cadre de leur plan de sortie progressive du nucléaire, les écologistes souhaitent que les ENR assurent 40% de la production d’électricité totale en 2020. Pour réussir cette transition, le gaz naturel devrait être utilisé de façon limitée (20% de la production d’électricité en cycle combiné et cogénération) et il faudra davantage produire de chaleur par le biais de la biomasse ou de la géothermie (l’objectif est d’assurer 35% des besoins en 2020) qui ont un potentiel phénoménal. Les tarifs de rachat devront être plus justes et plus concertés, ce qui n’a pas été le cas pour le photovoltaïque et a tué la filière… »

Pour la porte-parole d’Eva Joly, le Grenelle de l’environnement n’aura été finalement que de la poudre aux yeux: « Le gouvernement se gargarise actuellement de la prétendue percée foudroyante des ENR dans le mix énergétique français, alors que la progression des ENR au niveau mondial (20% de plus qu’en 2010) est sans commune mesure avec l’ambition française. Il faut surtout donner un cadre clair et stable au soutien de l’Etat au développement des filières ENR, car les investisseurs privés comme les particuliers doivent avoir confiance pour pouvoir investir dans un tel contexte de crise économique. »

Michèle RIVASI s’indigne par ailleurs de la volonté des industriels d’imposer leurs choix et plaide pour l’énergie citoyenne: « Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, explique que les énergies renouvelables sont coûteuses et vont pénaliser notre compétitivité, tout en conseillant de rouvrir le dossier du gaz de schiste. Nous estimons que la production d’énergie est un bien commun, elle ne doit donc pas être monopolisée par le secteur privé. De manière générale, la politique énergétique de la France ne doit pas être dictée par les seuls industriels. Il faut que les ménages français soient les acteurs de la révolution énergétique, en réinjectant dans le réseau électrique le surplus d’énergie qu’ils peuvent générer depuis leur domicile ».

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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