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Budget Euratom 2014-2018: l’énergie nucléaire survit sous perfusion, au détriment des renouvelables

19 Nov 2013

Communiqués, Medias

Aujourd’hui, le Parlement européen a continué à signifier son large soutien à la filière nucléaire européenne, en votant sans trop de difficulté un budget non justifié pour une technologie exagérément subventionnée depuis trop longtemps maintenant.

Pour Michèle RIVASI, vice-Présidente du Groupe des Verts-ALE et co-rapporteur sur le budget 2014-2018 d’Euratom, cet entêtement est injustifié: « Les conservateurs du Parlement européen, mais aussi les socialistes, ont encore une fois donné leur blanc-seing au financement de la recherche européenne dans le domaine du nucléaire, sans même tenter de réorienter la répartition des dépenses. Mais le plus navrant avec le Traité Euratom, ce n’est pas qu’il soit soutenu par des eurodéputés pronucléaires, mais bien qu’il contourne le jeu démocratique en excluant le Parlement européen de la codécision ».

« Sur les 1.6 milliards débloqués pour les 5 ans à venir la répartition est la suivante: 40% pour la recherche sur la fusion (hors ITER), 40% pour financer les activités du Centre commun de recherche (Joint Research Center, JRC) et les 20% restants pour la recherche sur la fission, la sûreté et la radioprotection. Les amendements des écologistes visaient à garantir la seule recherche pour le démantèlement, la radioprotection ou même la non-prolifération, parents pauvres de la recherche nucléaire. Ceci aurait permis une économie de 1.2 milliards d’euros, plus que bienvenus pour financer l’emploi et le développement des territoires européens en pleine crise d’austérité ».

« Les pouvoirs publics ont trop longtemps subventionné cette énergie afin de pérenniser le mensonge entourant sa prétendue compétitivité. En France, cela a été une stratégie délibérée qui nous maintient aujourd’hui dans une situation de dépendance, où EDF abuse de son influence pour empêcher le développement des énergies renouvelables et l’impérieuse transition énergétique ».

« Un rapport interne de la Commission européenne dévoilé en juillet dernier par la presse allemande (*) n’a étrangement pas eu d’écho en France. En 2011, au niveau européen (tous pays confondus) les subventions aux énergies étaient les suivantes: 35 milliards pour le nucléaire, 30 milliards pour les renouvelables (solaire et éolien), 26 milliards pour les énergies fossiles et seulement 15 milliards pour l’efficacité énergétique. Au regard de tels chiffres, il est insupportable de voir les énergies renouvelables critiquées unanimement pour leur coût alors qu’elles garantissent le développement d’une véritable souveraineté énergétique, contrairement au nucléaire, et la création d’emplois non délocalisables ».

(*) nous écrire à michele.rivasi(@)europarl.europa.eu pour en obtenir une copie.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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