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Baisser le prix des médicaments permettrait de réduire le déficit de l’assurance maladie

10 Oct 2013

Communiqués, Medias

L’assurance maladie accuse un déficit de près de 7,7 milliards d’euros cette année. Alors que le travail sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2014 se poursuit, le gouvernement souhaite limiter la hausse des dépenses de santé à 2,4 % en 2014, en baissant le prix de certains médicaments remboursés, les tarifs de certains professionnels de santé (biologistes et radiologues notamment) et en agissant sur les coûts dans les hôpitaux (un «effort» de 440 millions d’euros sera demandé à ces derniers).

Michèle Rivasi, députée européenne EELV se félicite de ces annonces, mais rappelle que des économies encore plus importantes pourraient être faites afin de réduire le « trou » de la sécurité sociale : « les mesures proposées par Marisol Touraine, tout comme celles préconisées par la Cour des comptes dans son rapport annuel du 17 septembre dernier restent insuffisantes, et ne permettront pas d’inverser la tendance du déficit permanent de la Branche Maladie : cela met en péril notre protection sanitaire solidaire et l’accès aux soins pour tous.

A l’instar de tous les pays européens qui ont équilibré leurs comptes, plus de 10 milliards d’euros d’économie pharmaceutique sont réalisables pour réduire à néant ce déficit. Nous avons donné des chiffres très éloquents en juin 2013 qui sont toujours valables (1)

Il faut pour cela une réforme totale de la filière du médicament, avec :

– un arrêt des autorisations de mise sur le marché de complaisance, pour des médicaments sans plus-value thérapeutique et à prix prohibitifs (dernier exemple de l’antiviral Viramune 400),

– une baisse générale des prix et leur fixation à partir des données européennes et non plus de façon opaque comme actuellement. Pourquoi n’arrive-t-on pas à ce prix européen qui éviterait les dérives du contingentement constatées en Europe ?

– une optimisation de la prescription médicale dans toutes les classes thérapeutiques (2).

Or, malgré les plans successifs, les beaux discours et les vœux pieux, rien ne change, les abus se perpétuent, et la facture nationale, de loin la plus élevée d’Europe, reste constante. Aujourd’hui une nouvelle étude franco-italienne réalisée par Serge Rader, pharmacien (en cours de publication), montre que nos génériques sont en moyenne 40% plus chers (50% en HT), avec des pics à plus de 100% dans les fortes rotations telles le Clopidogrel, générique du Plavix (inhibiteurs de l’agrégation plaquettaire), où 88 M€ d’économie sont réalisables sur la molécule, ou encore les 154 M€ sur la molécule Tahor/Atorvastatine (pour réduire le cholestérol), et bien d’autres encore….

De plus, les génériques sont deux fois moins prescrits en France qu’en Angleterre ou en Allemagne car on préfère les nouveaux médicaments, beaucoup plus chers, en grande majorité inutiles par rapport aux thérapeutiques existantes, et à la pharmacovigilance méconnue. En réajustant les prix de ces médicaments génériques, 2 milliards d’euros d’économie sont réalisables en ville sur les 6 Md€ prescrits.

La seule condition pour agir sur le coût de tous les médicaments est de changer complètement la rémunération du pharmacien à la marge commerciale dégressive qui n’est plus du tout adaptée. Elle doit être substituée, à périmètre constant, par un honoraire de dispensation assorti d’une indemnité de stockage qui peut être mis en place en quelques mois. Or, les négociations en cours sur une éventuelle évolution à cinq ans piétinent depuis 2 ans et restent inapplicables voire utopiques.

On ne peut plus laisser le temps au temps car la situation financière du pays est critique et nous risquons l’implosion de notre système de protection sociale : le changement c’est maintenant ! »

(1) Chiffres confortés par lerapport Bégaud/Costagliola 16/09/2013 p. 18 du) et par Jean de Kervasdoué, Economiste de Santé, le 12/06/2013.
(2) les statines anti-cholestérol, les antihypertenseurs, les antidiabétiques dont les derniers sortis représentent 495M€ tous régimes et mutuelles confondus et ne sont pas plus efficaces que la Metformine (=Glucophage de 1959) dix fois moins chère (elle-même 2 fois plus chère qu’en Italie), ou les NACO (nouveaux anticoagulants oraux) six fois plus chers que les précédents et à utiliser avec prudence, la sur-délivrance d’antibiotiques, d’hypnotiques et d’antidépresseurs, ou les anti-TNF antirhumatismaux 30 fois plus chers que l’ancienne trithérapie pour le même résultat, tels ENBREL à 989,19€ (N°6 Sécu avec 272,6 M€); et HUMIRA à 943,74 € (N°2 Sécu avec 346,2 M€), ou encore l’anti-DMLA LUCENTIS à 895,57 € (N°1 Sécu avec 389 M€) 30 fois plus cher que l’Avastin,……

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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