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Azerbaïdjan : le Parlement européen appelle à des sanctions financières contre le régime Aliyev

10 Sep 2015

Communiqués, Medias

L’Azerbaïdjan était à l’honneur en France cette semaine, une émission de Cash Investigation s’étant intéressée de près aux agissements d’Ilham Aliyev, Président incontestable d’un pays qui tente de redorer son image à grands renforts de pétrodollars. Au niveau européen, tout comme au niveau français, l’Azerbaïdjan est l’objet de toutes les attentions : il ne faut jamais se fâcher avec les dictateurs assis sur de gros gisements pétroliers et gaziers.

Suite au vote de la résolution du Parlement européen, Michèle RIVASI insiste : « Les stratégies de sécurisation d’approvisionnement énergétique de l’Union européenne visent avant tout à ne plus trop dépendre de la Russie, suite à la crise ukrainienne. Le projet de corridor gazier au sud de l’Europe ne peut se faire sans le concours de la Turquie et de l’Azerbaïdjan, c’est pour cette raison que l’Europe est très frileuse dans ses critiques contre ces deux pays. Pourtant, l’Azerbaïdjan comme la Turquie dépassent largement les bornes du respect des droits humains les plus fondamentaux, qui sont pourtant censés être la condition sine qua non de toute coopération européenne.

C’est pourquoi la résolution que nous venons de voter est un excellent signe envoyé par les eurodéputés : nous n’acceptons plus de voir bafouer les valeurs européennes sous prétexte que l’on nous tient par le robinet gazier. La détérioration constante du respect des droits humains, la répression des mouvements issus de la société civile, les arrestations et détentions arbitraires, c’en est trop : nous ne pouvons plus cautionner de telles pratiques et laisser faire en participant aux missions d’observation de simulacres d’élections. Des sanctions financières ciblées doivent être prises contre tous les hauts-fonctionnaires et les juges impliqués dans les persécutions politiques et ces simulacres de justice. L’Union européenne ne peut plus non plus continuer à fermer les yeux sur les faits de corruption. Elle doit d’urgence suspendre tous les financements européens à l’Azerbaïdjan autres que ceux visant à soutenir la société civile et les organisations de défense des droits humains.

Alors que la crise des réfugiés secoue l’Europe, on ne pouvait qu’attendre du Parlement européen qu’il soit cohérent. Car l’arrogance de l’Azerbaïdjan face à l’Arménie, et surtout concernant la situation au Nagorno Karabakh fait craindre une guerre imminente, et son lot de morts et de réfugiés. Il suffit de voir les dépenses militaires engagées par Ilham Aliyev ces dernières années pour comprendre que la tension est au maximum et qu’il ne suffit plus que d’une étincelle pour que le Caucase du Sud s’embrase. Nous ne pouvons laisser faire cela, même si les conservateurs européens (PPE) ont tenté d’empêcher cette résolution d’être votée aujourd’hui et continuent à caresser les dictateurs dans le sens du poil, dès qu’ils le peuvent.»

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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