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Arche de Tchernobyl : cachez-moi cette catastrophe dont on ne veut faire le véritable bilan sanitaire

29 Nov 2016

Communiqués, Medias

Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, le réacteur accidenté devient enfin correctement confiné, ce qui permettra son démantèlement. Il n’est pas trop tôt, mais pour autant il est inconcevable de faire comme si rien ne s’était passé.

Réaction de Michèle RIVASI, députée européenne écologiste : « L’arche de Tchernobyl est une construction aussi titanesque que nécessaire pour confiner la radioactivité encore présente sur le site. L’ancienne enceinte (le sarcophage, construit à la va-vite) était totalement délabrée et menaçait de s’effondrer au risque de disperser les poussières radioactives encore présentes. Et les infiltrations d’eau faisaient quant à elle peser le risque du redémarrage de réactions nucléaires en cas de contact avec le corium. Ces risques sont inquiétants puisqu’on estime qu’il reste à l’intérieur du sarcophage 95% des matériaux radioactifs qui étaient présents dans le réacteur quand il fonctionnait, seuls 5% s’en étaient échappés, contaminant une majeure partie de l’Europe. Ce chantier était donc justifié pour permettre de confiner les matières radioactives, de protéger les travailleurs du site en charge du démantèlement et de renforcer le sarcophage existant contre les agressions climatiques. Au final, le coût total de l’enceinte de confinement s’élève à 2, 1 milliards d’euros, la seule construction de l’arche ayant coûté 1, 5 milliards d’euros et la France étant le deuxième contributeur direct avec 172 millions d’euros.

Mais justifier un tel chantier ne doit pas nous pousser à clore ce triste chapitre de l’histoire de l’Humanité. Le mal a été fait et il continue d’agir : cette catastrophe nucléaire est permanente contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire. C’est pourquoi je me suis attelée à débloquer des fonds de la Commission européenne pour enfin comprendre les maladies dont sont affligées les populations locales, et notamment la deuxième génération : les enfants nés après Tchernobyl…qui souffrent pourtant physiquement de ses conséquences. Ce travail de longue haleine aura permis au Professeur Youri Bandajevski d’étudier sérieusement la face cachée de cette catastrophe, que les autorités sanitaires se bornent à minimiser en ne s’intéressant qu’aux seules victimes des irradiations : les liquidateurs. Les résultats avancés sont inquiétants : sur 3085 enfants de la deuxième génération suivis, 81.9% d’entre eux sont atteints de problèmes cardiovasculaires (arythmie, tachycardie) qui les empêchent d’avoir une vie normale et les prive de toute vitalité. L’enjeu est maintenant de comprendre si ces problèmes sont liés à une fragilité génétique transmise ou s’ils sont dus à la contamination interne par ingestion d’aliments contaminés. Il est primordial d’en savoir plus pour mieux traiter les victimes et prendre les décisions qui s’imposent. Le déni n’a jamais rien permis excepté la reproduction des erreurs. Et Fukushima aussi continue de nous rappeler qu’une catastrophe nucléaire ne se gère pas : elle se subit ».

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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