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Allongement de la durée de vie des centrales: l’État joue à la roulette-russe avec la sûreté nucléaire

14 Oct 2013

Communiqués, Medias

Selon le journal du Dimanche, le gouvernement serait en passe d’acter la prolongation de l’activité des centrales nucléaires françaises, la faisant passer de 40 à 50 ans, pour financer la transition énergétique.

Pour Michèle RIVASI, eurodéputée EELV fondatrice de la Criirad (*), une telle décision serait irresponsable: « L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a déjà validé l’allongement de la durée d’activité des centrales en 2009, passant à 40 ans. Initialement, les centrales ont été prévues pour une durée d’activité de 30 ans…et EDF souhaiterait la faire passer à 60 ans: cessons de jouer avec le feu nucléaire, son incendie n’est pas maîtrisable. Si l’on veut financer la transition énergétique, il y a d’autres moyens plus cohérents ».

« Le gouvernement doit comprendre que la rente nucléaire n’est pas extensible à souhait, et ce même si elle est utilisée pour financer la transition énergétique, ou alors il faut le faire au détriment de la sûreté nucléaire mais aussi de la sécurité d’approvisionnement énergétique. Les matériaux des réacteurs nucléaires sont soumis à des conditions extrêmes, la moindre fragilité peut vite déboucher sur un accident majeur. Or les cuves ou les enceintes de confinement ne sont pas remplaçables, on s’expose donc à une série de mises à l’arrêt des centrales françaises en cas d’anomalie générique grave sur notre parc nucléaire standardisé. En plus de soumettre la population à un risque insensé, le gouvernement prendrait alors le risque d’un black-out électrique ».

« Récemment le directeur de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, rappelait qu’EDF ne devait pas compter sur l’allongement de la durée de vie des centrales à 60 ans, on s’oriente pourtant vers une telle piste puisque c’est le souhait d’EDF, justifié par des investissements supplémentaires dans la sûreté. À quoi bon sert une autorité de sûreté indépendante si ses recommandations ne sont pas prises en compte? N’oublions pas que c’est l’ASN qui valide en dernier lieu le prolongement d’activité d’un réacteur ».

« Le gouvernement doit tenir ses engagements et faire savoir au plus tôt quelles centrales doivent fermer en priorité afin d’anticiper le futur énergétique de la France. Ce calendrier doit se baser sur une analyse multifactorielle pour fermer les réacteurs les plus dangereux (risques naturels, occurrence d’incidents, durée d’activité) en priorité. Actuellement, on ne peut que constater que la priorité n’est pas de développer des sources d’énergies renouvelables, vu comment l’État tarde à prendre des mesures d’urgence pour des filières malmenées par le primat accordé au nucléaire en France ».

(*) Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité: http://www.criirad.org/

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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