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Alerte de la Cour des Comptes: le nucléaire coûte cher, très cher, trop cher!

27 Mai 2014

Communiqués, Medias

La Cour des comptes vient de rendre public un rapport alarmant sur l’augmentation des coûts de la filière nucléaire. Réalisé à la demande du président, François Brottes (PS), et du rapporteur, Denis Baupin (EELV), de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, le document appelle à prendre position rapidement sur le prolongement de la durée d’exploitation des réacteurs au-delà de 40 ans.

Réaction de Michèle RIVASI, eurodéputée EELV du Sud-Est de la France fondatrice de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad): « C’est un énième rapport qui accable encore un plus la filière d’avenir ‘chère’ à Arnaud Montebourg. Alors que l’on pourrait croire que l’avenir d’une technologie est conditionné par son coût décroissant, le gouvernement continue à vouloir favoriser notre champion national de l’énergie mortifère ».

« Avec une augmentation de 20,6% en euros courants entre 2010 et 2013, le prix du Mégawattheure atteint ‘officiellement’ 59,8 euros. Ce coût supplémentaire est la conséquence du vieillissement du parc: l’augmentation des frais de maintenance, malgré le dangereux recours à la sous-traitance, n’est qu’un prélude à ce que nous allons affronter à l’avenir. La Cour des Comptes précise d’ailleurs que les évaluations d’investissement par EDF pour maintenir un niveau de sûreté convenable sont irréalistes et gage plutôt pour 110 milliards d’euros nécessaires au grand carénage. Et que dire des coûts supplémentaires dans le cas où l’Autorité de sûreté nucléaire acceptait la prolongation de certaines centrales, sous couvert d’investissements conséquents. La rente nucléaire est belle et bien un trompe-l’œil cachant un gouffre sans fond ».

« Il serait irresponsable de continuer de dépendre plus longtemps d’une telle technologie, alors même que la question de la fin de vie des déchets radioactifs n’est toujours pas résolue. Les écologistes sont fermement opposés au projet Cigéo de l’Agence national des déchets radioactifs à Bure: le stockage en couche géologique profondes ne garantit pas la réversibilité et présente des risques aussi nombreux qu’inacceptables. La meilleure garantie de réversibilité est de garder en surface les déchets: c’est le seul moyen d’assurer une intervention humaine en cas de fuite ou d’accident, incontrôlable à des centaines de mètres sous terre ».

« Pendant ce temps Areva continue d’être la cible d’une enquête pour ‘présentation ou publication de comptes inexacts ou infidèles, diffusion d’informations fausses ou trompeuses, faux et usage de faux’. Le nucléaire français ressemble de plus en plus à la gestion de l’UMP: les malversations sont innombrables, et on ne sait jamais quand est-ce qu’on va vraiment toucher le fond ».

« La France doit s’engager dans une transition énergétique ambitieuse sur les 20 prochaines années. Nous avons le devoir et le pouvoir de sortir du nucléaire, ne prolongeons pas la durée d’exploitation de nos réacteurs: nous avons tant à gagner, alors que nous risquons de tout perdre ».

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One Response to “Alerte de la Cour des Comptes: le nucléaire coûte cher, très cher, trop cher!”

  1. Valentin dit :

    Beaucoup d’autres informations sur le coût du nucléaire et de l’électricité ici :

    … energeia.voila.net/index2.htm

    Le photovoltaïque concurrence déjà le nucléaire : voir le comparatif entre le solaire outre-Rhin et le nucléaire outre-Manche.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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