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Adapter les politiques de recherche et de santé au défi des perturbateurs endocriniens

18 Avr 2012

Communiqués, Medias

Le 10 avril dernier, une table-ronde organisée par Women in Europe for a Common Future (WECF) France réunissait scientifiques, représentants des pouvoirs publics et de la société civile autour du thème « Perturbateurs endocriniens (PE) : effets et mécanismes d’action de la conception à la maturité ». Si le constat scientifique des conséquences des PE sur la santé est sévère, les débats ont permis d’explorer des pistes pour faire évoluer les politiques de recherche et de santé publique.

Définir les PE et adopter de nouvelles méthodologies de recherche : une priorité

L’UE et ses Etats membres travaillent actuellement à la définition de critères permettant d’identifier les perturbateurs endocriniens (PE). Lors de cette étape décisive, Gwynne Lyons de l’ONG britannique CHEM Trust souligne le travail mené en France par l’ANSES sur le Bisphénol A (BPA), en particulier sur les critères identifiés par l’ANSES comme pertinents chez l’être humain. Au-delà de ces critères, il est également indispensable que de nouvelles méthodologies de tests soient développées, au niveau par exemple de l’EFSA ou de l’OCDE pour prendre en compte la complexité et la spécificité des PE.

« Puisqu’il faut des années pour valider les méthodes de tests OCDE, il est important d’assurer dans un avenir proche la prise en compte des études non OCDE dans l’évaluation des risques. En ce sens, l’ANSES a un rôle-clé à jouer : son évaluation du BPA se révèle exemplaire dans l’application d’un jugement collectif d’expertise en matière de fiabilité et de pertinence d’études indépendantes.» Gwynne Lyons, Directrice de CHEM Trust.

Agir sans attendre pour protéger la santé des populations des effets des PE

Comme l’ont souligné à la fois les représentants des pouvoirs publics et d’ONG, la problématique des PE est maintenant connue depuis assez longtemps pour mener sans attendre des actions. A ce titre, le Danemark, qui préside actuellement l’Union européenne, a interdit en 2010 deux parabènes dans les produits cosmétiques pour bébé. La France quant à elle s’est distinguée en interdisant le BPA dans les biberons quelques mois avant l’interdiction officielle de l’UE. Si ces mesures ciblent en priorité les produits destinés aux enfants et aux femmes enceintes, ce n’est pas un hasard : ce sont en effet les plus vulnérables face aux atteintes des PE, et ils devraient être encore mieux protégés comme l’a rappelé la députée européenne Michèle Rivasi. Pour une meilleure cohérence, une intégration de la problématique des PE dans l’ensemble des réglementations sectorielles est ainsi souhaitable.

« La stratégie de l’Union européenne concernant les perturbateurs endocriniens date de décembre 1999, mais on peut se demander où est l’action aujourd’hui? Le processus est lent et, à ce jour, seulement 46 substances ont été identifiées comme extrêmement préoccupantes et versées à la « liste candidate » de Reach. Une seule, l’octylphénol, est inscrite au titre de ses propriétés endocrines. La Commission européenne doit maintenant accélérer le mouvement et recourir à une approche largement reconnue pour identifier ces substances chimiques. Enfin, cette liste devrait être actualisée sur le modèle de la Liste SIN (Substitution Immédiate Nécessaire) proposée par les ONG (notamment ChemSec)« . Michèle Rivasi, Députée européenne

Outils de mise en œuvre des mesures de précaution et de prévention

Parmi les pistes à suivre, l’ONG suédoise ChemSec propose une liste de substances, la liste SIN (Substitution Immédiate Nécessaire), qui recense depuis mai dernier 22 PE à substituer d’urgence répondant à des critères établis par le règlement REACH. Un outil d’alerte que certaines entreprises et sociétés d’assurance se sont déjà approprié, afin d’agir sans tarder sur les PE identifiés comme les plus préoccupants.

« Il n’est pas nécessaire d’attendre le choix de critères d’identification des PE pour agir sur les PE les plus préoccupants. Les PE peuvent être identifies au cas par cas et la liste SIN propose une piste à suivre pour agir. » Anna Lennquist, ChemSec.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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