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« Quand une eurodéputée perd la boule » ou l’erreur de diagnostic du Professeur Elie Arié

17 Juin 2015

Communiqués, Medias

Suite à ma tribune publiée dans « Le Monde » du 4 juin concernant certains antidépresseurs qui représentent un risque prouvé pour la santé publique, le diagnostic du Professeur Elie Arié est tombé : j’aurais « perdu la boule », comme il le dit dans sa réponse publiée sur son blog de « Marianne ».

Je tiens à préciser au Professeur Elie Arié qu’il devrait peut-être prendre le temps de relire tranquillement ma tribune et de revoir ensuite son diagnostic.

En effet, Monsieur Arié fait semblant de se demander si j’exige le déremboursement de tous les antidépresseurs alors même que ma tribune précise bien dès la première phrase qu’il s’agit de « certains antidépresseurs ».

Puis Monsieur Arié semble ensuite ignorer le désastre que représente en France le mésusage du médicament en affirmant qu’il ne peut y avoir de problèmes avec les antidépresseurs concernés car la « décision de prescrire un médicament résulte toujours de l’évaluation, dans chaque cas particulier de ses bénéfices et de ses risques» dit-il. J’invite encore une fois Monsieur Arié à lire le Rapport sur la surveillance et la promotion du bon usage du médicament en France rédigé par deux experts et remis à la Ministre de la santé en septembre 2013 qui met bien en avant les « dérapages de prescriptions » et ajoute à ceci que « la France est l’un des pays dans lequel les prescriptions et l’usage irrationnels sont les plus prévalents » et que « l’usage inapproprié du médicament » constitue « des problèmes économique et sanitaire majeurs ».

Extraits du rapport qui me paraissent importants pour relativiser l’optimisme de Monsieur Arié qui affirme ensuite dans sa réponse à ma tribune que « l’efficacité de l’antidépresseur Deroxat (Paroxétine) et du Prozac (Fluoxétine) est démontrée ». Propos qui pourraient être largement nuancés considérant ce qu’a évalué la revue médicale indépendante Prescrire, tout comme des chercheurs anglais de l’Université de Hull.

Concernant la dernière allégation du Professeur Arié dans sa réponse : « il est extrêmement difficile ( je n’ai pas dit impossible) de savoir si un suicide, au cours d’un traitement antidépresseur, est lié à ce traitement, ou, au contraire, à son efficacité insuffisante, la tentative de suicide étant la complication la plus grave de la dépression. », elle semble mettre en lumière le fait que Monsieur Arié n’a pas réalisé que je parlais des études du Professeur britannique David Healy qui a comparé les cas de suicides et de tentatives de suicides entre les patients qui avaient pris le Deroxat et ceux à qui on avait administré un placebo.

J’ai donc mis en lien les sources sur lesquelles se fondent mes propos afin que le lecteur ou la lectrice puisse se faire une idée et que Monsieur Arié se rassure sur mon état de santé.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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