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Radioprotection: Le lobby du nucléaire prépare l’acceptabilité d’un Fukushima européen avec la complaisance du Parlement européen

Le Parlement européen s’est prononcé aujourd’hui 24 octobre en faveur d’un rapport sur les « normes de base relatives à la protection sanitaire contre les dangers résultant de l’exposition aux rayonnements ionisants », ce qui inclut notamment la protection de la population en cas d’accident nucléaire. Le groupe des Verts/ ALE a voté contre ce rapport.

Michèle Rivasi, députée européenne Vice-Présidente du groupe des Verts/ALE et co-fondatrice de la CRIIRAD, revient sur un vote crucial pour les écologistes.

« On peut se réjouir du changement de base légale, c’est-à dire du fait que cette directive ne reposera plus sur le Traité Euratom, qui est aux mains des experts du nucléaire, mais sur le Traité de Lisbonne, où les parlementaires ont le pouvoir de codécision. Cependant le groupe des Verts/ALE a voté contre ce texte car il ne garantit pas la protection sanitaire du public et des travailleurs, tant en situation normale qu’ accidentelle ».

« Une récente étude épidémiologique indépendante sur 4500 dossiers médicaux a démontré que le passage du nuage radioactif de Tchernobyl en Corse a provoqué une augmentation de thyroïdites et de cancers de la thyroïde. Malheureusement, la proposition de nouvelle directive sur la radioprotection présentée par la Commission ne tient pas compte des dernières études disponibles et montre un manque flagrant de volonté pour protéger efficacement la population face aux rayonnements ionisants ».

L’eurodéputée pointe les problèmes majeurs du texte: « En ce qui concerne la gestion des déchets radioactifs, le texte anticipe le démantèlement des centrales nucléaires en autorisant la banalisation des déchets radioactifs, ce qui augmente le risque de dissémination des substances radioactives dans notre environnement. En outre, en cas d’accident nucléaire, le texte définit des niveaux de référence comparables à ceux que subissent les habitants de Fukushima. Cela permet aux exploitants du nucléaire de minimiser les coûts d’indemnisation et de dédommagement des victimes, sans parler des assurances qu’ils devraient souscrire pour y répondre ».

Pour Karima Delli, députée européenne de la Commission de l’emploi et des affaires sociales :

« Les limites de doses pour les travailleurs inscrites dans ce texte sont beaucoup trop hautes et ne tiennent pas compte des nouvelles évaluations scientifiques sur l’excès de cancers observés à faibles doses. Je constate donc que la Commission européenne ne prend toujours pas la mesure des enjeux liés aux nouveaux risques pour la santé au travail. Elle doit publier une nouvelle Stratégie européenne pour la santé et la sécurité au travail pour la période 2014-2020 ! »

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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