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OGM : le Parlement européen confirme son opposition aux importations

Le Parlement européen a confirmé ce mercredi 16 décembre en plénière la position de sa commission Environnement qui, le 2 décembre dernier, avait voté contre l’autorisation d’importation du maïs OGM NK603-T25 en Europe. Élaboré par la multinationale Monsanto, ce maïs transgénique destiné au bétail est tolérant à plusieurs herbicides, dont le Round-up. Il s’agit de l’herbicide le plus vendu au monde, produit phare de Monsanto dont la substance active, le glyphosate, a été classé comme cancérigène probable par l’OMS.
Le vote du Parlement européen envoie un signal clair aux multinationales de l’agrobusiness: on n’impose pas un OGM aux citoyens contre leur gré. Ce vote s’oppose à une décision de la Commission européenne qui, le 4 décembre, autorisait l’importation du NK603-T25, malgré une décision contraire du Parlement européen. Or ce maïs a déjà été combattu en France, à la fois par les faucheurs volontaires qui s’y sont attaqués en plein champ dès 2006, et par le chercheur Gilles-Eric Séralini, qui a dénoncé ses effets sanitaires catastrophiques dès 2012 [1].

Réaction de Michèle Rivasi, députée européenne et membre de la Commission Environnement au parlement:
« Bravo à mes collègues députés au Parlement européen. Nous n’avons pas été élus pour servir les intérêts de multinationales comme Monsanto. Notre objectif principal est avant tout de défendre l’environnement et la santé de nos concitoyen-ne-s. Les intérêts économiques de quelques marchands d’OGM et pesticides passent après. Nous espérons maintenant que la Commission européenne saura prendre en compte notre message. Les représentantes et les représentants des peuple européens ont parlé: nous ne voulons pas d’OGM.
Nous attendons maintenant, comme nous l’avions demandé en octobre, que la Commission révise la procédure d’autorisation des OGM.
Le système actuel ne permet pas d’assurer la certitude que l’OGM en question n’est pas dangereux pour la santé humaine. Les autorités européennes doivent principalement se baser sur les études des industriels pour autoriser ou non les OGM. Cela donne parfois des résultats inquiétants. Nous avons par exemple appris le mois dernier que les modifications génétiques réelles de certains OGM de l’agrochimiste Syngenta n’étaient pas celles qui avaient été enregistrées lors de leur autorisation.
Dans un cadre européen aussi laxiste et dont profite les industriels, les écologistes refusent donc d’autoriser l’importation des OGM comme ce maïs NK603 x T25 qui ne fera qu’entraîner une augmentation de l’utilisation de l’herbicide RoundUp au détriment de l’environnement, de la santé des agriculteurs et de celle des consommateurs.
Nous sommes ravis que la majorité des députés de la commission ENVI ait soutenu notre opposition à cet OGM et nous attendons encore que la Commission européenne revienne avec une proposition crédible sur la table pour fixer un nouveau cadre concernant l’autorisation des OGM
.  »

Pour José Bové, député européen écologiste,  » La Commission refuse toujours d’entendre la voix des citoyens européens et maintient une procédure d’autorisation inique, alors que son Président, Jean-Claude JUNCKER, s’était engagé dès 2014 à proposer une remise à plat des évaluations d’OGM. Nous attendons toujours cette proposition! Tant qu’elle ne sera pas sur la table, nous continuerons à nous opposer et alerter les citoyens du comportement anti-démocratique de la Commission européenne.
La France, premier producteur européen de maïs, n’a aucun intérêt à autoriser un nouvel OGM sur son territoire, ni pour le bétail, ni pour l’alimentation humaine. L’agriculture industrielle représente près du quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le modèle agricole qu’induit l’utilisation d’OGM est destructeur pour notre environnement et notre santé. L’urgence climatique nécessite que l’on relocalise l’agriculture et que l’on arrête les importations d’alimentation pour le bétail
. »

[1] Voir ici : http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/09/19/un-ogm-de-monsanto-soupconne-de-toxicite_1762236_3244.html

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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