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Médicaments trop chers: MDM et écologistes, même combat pour l’accès aux soins pour touTEs

Au lendemain de l’attaque du brevet du Sovaldi par Médecins du Monde, un débat aura lieu ce soir au Parlement européen réuni en plénière, sur la question de l’accès aux médicaments, en présence de la Commission européenne et du Conseil.

Réaction de Michèle Rivasi, députée européenne Vice-Présidente du groupe des Verts/ALE et initiatrice de l’Opération Mains Propres sur la Santé en France:

« A l’initiative des écologistes, nous avons déjà tenu exactement le même débat à la plénière de septembre dernier, au moment où le scandale du Sovaldi, ce médicament du laboratoire Gilead au prix exorbitant contre l’hépatite C, venait d’éclater. Les parlementaires de différents groupes avaient alors demandé à la Commission d’agir en urgence pour garantir l’accès des médicaments essentiels à toutes et tous. Je regrette que la demande du groupe des Verts/ALE d’une résolution du Parlement pour le débat de ce soir n’ait pas su trouver une majorité au sein de cette assemblée.

Il est en effet inadmissible que les citoyens européens paient leurs médicaments deux fois: une fois via les financements publics accordés à la recherche et une seconde fois à travers les remboursements accordés par les systèmes de sécurité sociale.
La politique de remboursement étant une prérogative des Etats membres, la Commission avait en septembre osé se cacher derrière de mauvais argument pour nous répondre qu’elle ne pouvait rien faire.

Cela est faux! La Commission dispose de moyens financiers conséquents pour financer la recherche pharmaceutique – 1, 6 milllards d’euros – dans le cadre du partenariat public-privé « Innovative Medicines Initiative ». Les écologistes avaient demandé que ces fonds publics ne soient attribués qu’à condition qu’il y ait une garantie l’accessibilité pour le public: en clair, pas de monopoles privés possible dès lors que des fonds publics ont servi à financer l’innovation thérapeutique. La Commission et la grande coalition avaient refusé cette mesure de justice sociale.

Par son inaction, la Commission se rend complice de la crise sanitaire qui croît partout en Europe, et pas seulement dans les Etats les plus dévastés par les politiques d’austérité comme la Grèce et l’Espagne.
Les Etats membres se sont, quant à eux, contentés de fixer des plafonds de remboursements pour les médicaments trop chers. Au lieu d’utiliser les moyens légaux déjà existants, comme les licences d’office permettant de baisser considérablement les prix grâce à la production de génériques, les pouvoirs publics garants de l’intérêt général ont de fait créés des situations de rationnement dans l’accès aux soins: nous serions donc tous égaux devant l’impôt mais pas devant le droit d’être soignés?

Aujourd’hui, les patients de l’hépatite C crient leur colère dans la rue, Médecins du Monde attaque la légitimité du brevet du sovaldi, le nombre de cancers augmente et les finances publiques sont au bord de la banque-route.
Jusqu’à quand la Commission européenne et le Conseil continueront-ils de distribuer des cadeaux aux actionnaires de l’industrie pharmaceutique aux dépens de l’accès aux soins des citoyenNEs européenNEs et nourrir la montée de l’euroscepticisme? La mascarade a assez duré! »

Michèle Rivasi a posé à la Commission européenne une question écrite sur le Sovaldi et le risque d’abus de position dominante le 3 novembre 2014. Voici la réponse donnée le 22 décembre 2014.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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