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La mortalité des abeilles : un fléau que l’UE doit enrayer

23 Mar 2011

Au Parlement, Événements

 

Produits phytosanitaires et santé de l’abeille :

Y a t-il un risque ?

 

Interpellée par des apiculteurs de la région Rhône Alpes à la fin de l’année 2010, qui s’inquiétaient de la mortalité accrue de leurs colonies d’abeilles, j’ai décidé d’organiser cette conférence au sein du Parlement européen.

Le Parlement Européen avait adopté le 18 Novembre 201O une résolution validant la thèse selon laquelle l’abeille était confrontée à un environnement de vie de plus en plus hostile dans toute l’UE, et qu’il était indispensable d’enrayer le fléau de leur mortalité accrue.

Une résolution est non contraignante ; ainsi, l’objectif de cette rencontre était de faire vivre des idées allant dans le sens d’un lien direct ente la mortalité de l’abeille et l’utilisation accrue de pesticides dans l’agriculture européenne. Les ondes électromagnétiques sont aussi un facteur de disparition des abeilles.

Nous souhaitons qu’une réglementation spécifique et ambitieuse pour protéger la santé de l’abeille voie le jour.

En effet, non seulement il est indispensable de sauvegarder notre biodiversité, mais il faut aussi savoir que les servies environnementaux rendus pas l’abeille via la pollinisation constituent une « somme » de 109 milliards d’euros pas an.

Le programme des Nations Unies pour l’Environnement a justement rendu un rapport le 10 mars 2011, s’alarmant de la disparition de colonies entières d’abeilles sur tous les continents dans le monde.

La présidence hongroise de l’UE a aussi fait de la santé de l’abeille une de ses priorités, et j’espère donc que cette rencontre, enrichie par la présence de chercheurs spécialistes de cette question pourra aboutir à une proposition législative de la part de la Commission européenne

 

Vidéo de la conférence disponible sur ce lien :

 

 

Propos introductifs de Michèle Rivasi à la conférence :

J’ai le plaisir de vous inviter aujourd’hui à cette conférence, et je tiens à remercier les intervenants présents.

Je souhaiterais débuter avec cette citation d’un article du journal Libération:

 » Il parait que notre futur dépend d’une histoire d’amour. D’une danse de séduction entre les fleurs et les pollinisateurs, ces héros discrets de la chaine alimentaire mondiale »  à propos du film Pollen produit par Disney et sorti la semaine dernière au cinéma.

Les insectes pollinisateurs sont la cause et la conséquence de la biodiversité et un pilier fondamental de notre sécurité alimentaire. Selon la FAO, les 70 % des espèces de cultures produisant 90% de l’alimentation mondiale sont pollinisées par les abeilles. En Europe la proportion est même encore plus importante. La valeur de la production de ces cultures dépendantes à la pollinisation par les abeilles est 5 fois plus grande que les cultures qui n’en dépendent pas.

Pourtant la baisse du nombre de colonies d’abeilles est de 30 % en Europe et aux Etats Unis, elle atteint 85 % au Moyen Orient.  Si les abeilles disparaissaient, cela couterait 153 milliard d’euros pour réaliser le travail de pollinisation (9,5% de la valeur de la production agricole mondiale selon l’ONU). Les abeilles font un travail que l’Homme ne pourra jamais faire, elles diffusent gratuitement la vie.

Comment expliquer ce terrible constat ? Comment expliquer que le miel des villes soit aujourd’hui de meilleure qualité que celui des campagnes ?

Un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement paru le 10 mars 2011 a identifié 12 causes majeures du déclin des abeilles. Parmi elles :

– l’empoisonnement des pollinisateurs et l’affaiblissement de système immunitaire

–  pollution atmosphérique et les effets du changement climatique

– champs électromagnétiques provenant de sources comme les lignes électriques

certains insecticides et fongicides qui peuvent interagir ensemble et être 1000 fois plus toxique pour les abeilles

Face à ce risque et à l’incurie des dirigeants mondiaux, les citoyens tirent la sonnette d’alarme. La pétition lancée par Avaaz récemment pour interdire une certaine famille de pesticides aux effets nocifs sur les abeilles a déjà recueilli plus de 1,2 million de personnes.

En France, l’Association France Nature Environnement a fait l’objet de nombreuses critiques pour avoir laissé entendre  que les pesticides tuaient les abeilles. Pourtant il faut couper à un préjugé tenace : les abeilles et les agriculteurs ne sont pas à opposer, ils sont partenaires naturels.

Les institutions internationales dont l’Union Européenne ont récemment pris conscience de la nécessité de préserver les abeilles. Suite à la mortalité croissante de l’abeille dans la décennie précédente, il y a une prise de conscience commune de comprendre et d’éliminer les causes de « la crise du pollinisateur ». Le Parlement européen a voté une résolution pour sauvegarder les abeilles en Novembre 2010 qui va dans le sens de cette prise de conscience.

La Commission Européenne est actuellement engagée dans une révision en profondeur des normes concernant l’autorisation des pesticides dans l’Union Européenne. Le risque sur les abeilles est déjà inscrit dans l’évaluation environnementale des risques.

Cependant nous serons très vigilants sur les futures normes qui seront mises en œuvre. La Commission ne doit pas faire dans la demi-mesure, elle doit intégrer tous les risques que peuvent engendrer les pesticides sur les abeilles. Les pesticides qui ne répondront pas à des critères stricts ne doivent pas pouvoir faire l’objet d’une autorisation.

Nous avons encore beaucoup à apprendre des abeilles. Les abeilles sont un exemple pour nos sociétés de partage du travail et de mise en valeur de l’environnement. Leur sauvegarde est un enjeu crucial pour nous tous, et un test grandeur nature de la capacité de l’Homme à ne pas se couper définitivement de ce qui le fait vivre.

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2 Responses to “La mortalité des abeilles : un fléau que l’UE doit enrayer”

  1. groumpf dit :

    L’élimination des abeilles participe à la logique OGM et commerciale : vendre des plants stériles. De même en se projetant dans le futur, les hommes seront devenus stériles, des entreprises privées leur vendront la conception d’un enfant.

  2. Bonjour Michèle ( et coucou Seb.) Désolé pour GAP mais ta venue a été très appréciée!
    A ROSANS (entre NYONS et GAP existait une école d apiculture
    BRAVO pour ta campagne
    Et si je recueillais des témoignages d’apiculteurs survivants??? 0686493857
    CIRREN 05 est une asso sur la Maitrise des Risques A+

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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