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L’EFSA promet davantage de transparence mais doit encore faire des efforts

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a annoncé le 14 janvier dans un communiqué (1) le lancement d’une initiative destinée à faciliter l’accès public aux données, afin de renforcer la transparence dans l’évaluation des risques. Ce programme se penchera sur la façon et la mesure dans laquelle les données techniques utilisées dans les évaluations des risques pourraient être mises plus largement à la disposition de la communauté scientifique et des parties intéressées au sens large.

Pour Michèle Rivasi, députée européenne Vice présidente du groupe des Verts/ALE au Parlement européen, il est indispensable que le citoyen puisse avoir accès aux données brutes des études scientifiques : « Fin 2012, mes collègues du Parlement européen, tout bord politique confondu, ont signé à ma demande une lettre ouverte à la Commission européenne demandant davantage de transparence et d’indépendance en ce qui concerne la sécurité sanitaire et les OGM » (2).

La lettre ouverte à la Commission européenne, qui sera officiellement déposée dans les jours à venir, rappelle l’émoi suscité par la publication de l’étude de Gilles-Eric Séralini sur les rats nourris aux OGM (3).

« Il faut non seulement que les données brutes de ce genre d’étude soient publiées sur internet, mais surtout qu’elles soient accessibles sous une forme exploitable statistiquement. Il est temps d’engager des travaux indépendants et contradictoires sur les effets à long terme (deux ans et plus) de la consommation d’OGM associés ou non à des pesticides et que l’EFSA et la Commission européenne revoient les lignes directrices sur l’évaluation des OGM pour y inclure les impacts potentiels des OGM à long terme, directs ou indirects, sur l’environnement et la santé », rappelle l’eurodéputée.

« Enfin, les députés européens souhaitent qu’un fonds permettant le financement d’études contradictoires et indépendantes soit créé et géré par l’Union européenne mais abondé par les industriels (car ce n’est pas aux contribuables de financer de telles études) et que la Commission européenne propose un cadre législatif portant sur la qualité et l’intégrité des processus d’expertise ainsi que sur la prévention des conflits d’intérêt, notamment en ce qui concerne les agences européennes ».

(1) http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/130114.htm?utm_source=homepage&utm_medium=infocus&utm_campaign=transparancy

(2) http://www.huffingtonpost.fr/jose-bove/ogm-et-securite-alimentaire-lettre-ouverte-a-la-commission-europeenne_b_2135000.html

(2) L’étude du biologiste Gilles-Eric Séralini (Université de Caen), menée durant deux ans sur des rats nourris avec des aliments contenant du maïs génétiquement modifié (variété NK603), avec et sans l’herbicide Roundup, ainsi qu’avec du Roundup seul, a été publiée le 19 septembre dans la revue Food and Chemical Toxicology

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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