A A

ITER : Le fossé budgétaire causé par le projet de fusion nucléaire met en péril les autres projets énergétiques de la stratégie UE 2020

Le Conseil Agriculture-Pêche a adopté aujourd’hui, sans aucune discussion, des conclusions sur la saga financière du réacteur expérimental thermonucléaire ITER. Les Etats membres ont décidé de maintenir leur soutien sans faille à ce projet, malgré la multiplication par près de trois de ses seuls coûts de construction… Mais personne ne veut payer la note, particulièrement douloureuse. Pour l’Europe, la facture passe de 2,7 à 7,2 milliards d’euros! A la Commission de trouver les milliards manquants en rabotant d’autres projets.

Michèle Rivasi, députée européenne, et membre de la commission ITRE au Parlement européen commente cette décision :

« Il est incroyable de voir à quel point la décision d’aujourd’hui réaffirmant l’engagement envers le projet ITER démontre de l’incapacité des Etats à revenir sur des décisions antérieures sur ce projet et de s’adapter à une situation nouvelle.

Avec la crise financière en Europe, le projet ITER devient irréaliste : les Etats ne veulent pas payer pour financer ce projet, mais paradoxalement, ils restent accrochés à ce projet, » prévient Michèle Rivasi.

« La seule solution est donc de stopper ce projet, économiquement désastreux, qui peut être techniquement dangereux et qui ne correspond pas aux besoins énergétiques de l’UE. Le Conseil et la Commission doivent prendre conscience de cela! D’autant plus que ce projet est appelé à devenir un véritable gouffre financier, puisque l’industrie nucléaire n’a jamais fait preuve de transparence jusque là : qui nous dit que les coûts, déjà énormes, n’augmenteront pas à l’avenir ? Quand on voit ce qui se passe en Finlande avec l’EPR où le budget a plus que doublé, on peut craindre le même phénomène de hausse avec ITER ».

Yannick Jadot, député européen, également membre de la commission ITRE (questions énergétiques) ajoute : « L’Europe veut aujourd’hui engager plus de 4 milliards d’euros supplémentaires dans ce projet. Elle devra donc inévitablement trouver cette manne financière en piochant dans des projets plus pertinents de la Stratégie 2020 de l’UE, par exemple des programmes de recherche sur l’innovation et la recherche non nucléaire, l’éducation, les transports, l’amélioration des réseaux d’énergie et la réduction de la pauvreté.

Dans un contexte général de réduction des dépenses publiques, dont les énergies renouvelables et les économies d’énergie sont les premières victimes dans plusieurs pays européens, c’est une erreur stratégique grossière. Les Etats-Unis ou encore la Chine investissent, eux, des dizaines de milliards dans l’économie verte, créatrice d’emplois et gage d’innovation. »

Les deux eurodéputés Verts/ALE concluent en déplorant que cette décision montre une fois de plus le déficit démocratique en Europe dès qu’il s’agit d’une décision concernant le nucléaire. Malgré les fortes implications budgétaires pour l’UE, cette décision a été prise sans discussion au niveau du Conseil, sans consultation préalable du Parlement et sans information au public.

Articles similaires :

Tags:

Leave a Reply

Bienvenue !

Bienvenue sur le site de Michèle Rivasi.


Twitter FaceBook Flux RSS

Rechercher :

Dernière vidéo :
  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

    Articles similaires :

Ad Ad

Suivez-moi sur Facebook!

Associations

Archives