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Inondations en Europe : lutter efficacement contre le dérèglement climatique

 

En mai dernier, la région des Balkans était frappée par les pires inondations depuis plus d’un siècle, provoquant la mort de plusieurs dizaines de personnes et faisant plus d’un million de sinistrés. À une toute autre échelle, le Sud-Est de la France vient de connaître une forte vague d’inondations largement aggravée par l’étalement urbain et l’artificialisation des sols.

Pour Michèle Rivasi, députée européenne de l’euro-région Sud-Est et responsable de la délégation Europe Écologie au Parlement européen :

« Les événements météorologiques extrêmes qui ont touché les Balkans en mai dernier ou le Sud-Est de la France récemment ne sont pas des phénomènes isolés mais ont comme points communs le dérèglement climatique annoncé dans l’indifférence générale par les rapports successifs du GIEC, et une gestion irresponsable des territoires et des sols.

Alors que les députés européens tiendront un débat ce lundi 20 octobre sur la gestion et la prévention des inondations en Europe, les décideurs européens doivent enfin prendre conscience de l’impact de l’activité humaine sur le climat et l’environnement. Selon de récentes études, la fréquence des inondations en Europe devrait augmenter de 60% d’ici 2050, non seulement du fait du dérèglement climatique mais également de l’aménagement déraisonné du territoire. Mobiliser des fonds exceptionnels d’urgence pour telle ou telle région d’Europe revient à jeter de l’argent dans un puits sans fonds. La solidarité européenne est nécessaire, mais la seule gestion durable et responsable est la prévention de ces événements par la lutte contre le changement climatique. Et en matière d’adaptation il faut dorénavant adapter nos infrastructures aux phénomènes météorologiques à venir : plus aucune construction ne doit être réalisée dans des zones à risque, ce qui est pourtant toujours le cas.

Les 23 et 24 octobre prochain, les chefs d’États et de gouvernements se réuniront à Bruxelles pour définir l’avenir de la politique climatique européenne. Nous, députés écologistes européens, rappelons l’urgence d’adopter des objectifs ambitieux et contraignants en matière de réduction des émissions de gaz à effets de serre (60%), de développement des énergies renouvelables (45%) et d’efficacité énergétique (40%) pour 2030. Comme l’a démontré le rapport retentissant de l’économiste Nicholas Stern, le coût de l’inaction (plusieurs centaines de milliards d’euros) est non seulement considérable, mais surtout insupportable pour notre génération et les générations à venir. L’UE doit envoyer un signal fort à la communauté internationale dans la perspective du sommet sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre 2015. »

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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