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Gaz de schiste: la bataille européenne ne fait que commencer

Après l’examen hier par la commission des pétitions du Parlement européen de deux pétitions déposées par des citoyens bulgares et polonais contre l’exploitation des gaz de schiste, la commission de l’environnement a débattu aujourd’hui d’une proposition de rapport d’initiative sur les impacts environnementaux de l’exploitation des gaz de schiste. Alors que les citoyens européens maintiennent leur mobilisation, les industriels s’affairent en coulisse pour discréditer les risques environnementaux pointés du doigt par les écologistes.

Pour Sandrine Bélier, eurodéputée EELV: « La mobilisation citoyenne contre les gaz de schiste au niveau de l’UE ne fait que commencer. Les pétitions bulgares et polonaises traitées hier par la commission des pétitions montrent une prise de conscience et des inquiétudes grandissantes des populations vis à vis des dangers de l’exploitation de cette énergie non conventionnelle (eau, paysage,…). Sont annoncées de futures saisines du Parlement par des citoyens français, anglais, roumains et belges. La nécessité de renforcer les règles sur la transparence et les évaluations préalables à toute exploration ou exploitation relève plus que jamais de la responsabilité de l’Union européenne. »

Pour Michèle Rivasi, eurodéputée EELV: « Le vif débat de ce matin est symptomatique de la question des gaz de schiste: en l’absence d’études d’impact officielles, qui devraient être publiées mi 2012, il est urgent d’attendre. Alors qu’on annonçait la publication attendue du rapport de l’Agence environnementale américaine (EPA) pour fin 2011, l’échéance est constamment repoussée sous pression du lobby des gaz de schiste. Une chose est sûre pour l’instant, la directive sur l’évaluation des incidences environnementales doit être révisée: elle exempte les gaz de schiste d’études d’impact du fait d’un seuil d’extraction de gaz quotidien bien trop élevé (500 000 mètres cubes par jour)« .

Pour Yves Cochet, eurodéputé EELV: « Selon une étude menée par le géophysicien Robert Howarth en 2011, à l’Université de Cornell, la contribution de l’exploitation du gaz de schiste au dérèglement climatique est supérieure à celle du charbon, notamment à cause des inévitables fuites de méthane. En outre, dans un article du New York Times du 26 juin 2011, il est montré que la profitabilité de l’exploitation des gaz de schiste est incertaine sur le long-terme. »

Et les trois eurodéputés de conclure: « En l’état actuel des connaissances scientifiques, l’idée d’un moratoire doit prévaloir à toute décision définitive. »

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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