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Faire revenir la phagothérapie en Europe : une nécessité pour lutter contre l’antibiorésistance

L’antibiorésistance (le phénomène de résistance aux antibiotiques) représente aujourd’hui un problème majeur de santé publique. Une étude récente de septembre 2013 révèle que les bactéries antibiorésistantes infectent chaque année au moins 2 millions d’Américains et en tuent 23 000. Ce phénomène, également présent en Europe, engendre des coûts tant humains que financiers (1), qui pourraient être évités par la réintroduction d’une alternative aux antibiotiques : la phagothérapie.

Michèle RIVASI, députée européenne EELV, Vice-présidente du groupe des Verts/ALE au Parlement européen, s’intéresse de près à cette méthode de traitement par virus naturels (des phages que l’on trouve dans la nature et qui mangent par exemple les staphylocoques dorés, évitant ainsi l’amputation lorsque les antibiotiques ne guérissent pas le malade). Elle a organisé une réunion inédite au Parlement européen à Bruxelles le 17 septembre dernier, permettant aux principaux acteurs européens concernés – Commission Européenne (DG Sanco, DG Recherche, Joint Research Centre), Agence Européenne des Médicaments (EMA), Agence Nationale de Sécurité des Médicaments (ANSM), professeurs et médecins français, belges, ainsi que PDG d’entreprises qui développent des produits thérapeutiques à base de bactériophages – de travailler ensemble sur le futur règlementaire de la phagothérapie en Europe.

L’objectif de l’eurodéputée est de « faire bouger les lignes au niveau règlementaire européen et national afin que la phagothérapie puisse être utilisée en Europe de façon encadrée pour soigner les patients en impasse thérapeutique, obligés de partir se soigner en Géorgie ou en Russie pour éviter l’amputation ou la mort. Il faut donc un cadre défini, permettant de donner des autorisations de mise sur le marché : essais cliniques ou autorisations temporaires d’utilisation pour les cas individuels. Mais pour cela, il est nécessaire de démontrer la qualité du produit à base de phages. C’est au régulateur d’imposer son cahier des charges, nous attendons donc de l’Agence européenne des médicaments qu’elle fasse une proposition écrite sur les critères de qualité exigés pour les bactériophages.

En attendant, une subvention supérieure à 3,8 millions d’euros a été accordée au programme Phagoburn pour le développement et la recherche de préparations à base de phages contre certaines infections bactériennes suite à des brûlures, dans le cadre du programme « FP7 Health Research » de la Commission européenne. Michèle Rivasi est intervenue auprès du Joint Research Centre de la Commission européenne afin que ce projet soit soutenu financièrement.

Une seconde réunion avec les mêmes acteurs devrait se tenir en 2014 afin d’avancer sur la question.

(1) Les cliniciens de l’hôpital Lariboisière à Paris ont calculé un surcoût de 530.000 euros, en raison de patients qui auraient pu être traités à moindre frais avec la phagothérapie

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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