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Extraction et sécurité pétrolières : L’UE doit en finir avec la politique de l’Autruche

Aujourd’hui, en fin d’après-midi, le Conseil et la Commission ouvriront un débat attendu sur la prospection et l’extraction du pétrole. Cet échange, comme l’avait déjà demandé le 22 juin dernier le groupe des Verts/ALE, visera à pointer les risques et les responsabilités de ce type d’activités, mais surtout à passer en revue la réglementation concernant les plateformes pétrolières.

Pour Sandrine Bélier, eurodéputée Verts/ALE, membre de la commission Environnement: « Comme dans le Golfe du Mexique, l’Union n’est aujourd’hui pas en capacité de prévenir et de faire face à un accident qui surviendrait sur l’une de ses plateformes pétrolières offshore. La Commission européenne doit en finir avec la politique de l’Autruche. Il est urgent d’engager un renforcement drastique de la législation européenne d’abord et surtout en matière de prévention mais aussi en termes de sanctions et de systèmes de réparations opérationnelles qui couvrent la totalité des dommages moraux, commerciaux et environnementaux. Cet événement nous incite aussi à accélérer la mise en place d’une véritable politique de sobriété et d’efficacité énergétiques alliant impératifs écologiques, économiques et sociaux. Réorienter notre production énergétique sur les énergies renouvelables est de ce point de vue essentiel. Les risques présentés par une plateforme off-shore d’éoliennes sont en tous points inférieurs à une plateforme pétrolière ou à des terminaux méthaniers ».

Michèle Rivasi eurodéputée Verts/ALE, membre de la commission Environnement, inquiète de la faiblesse des études d’impact et des plans de secours, ajoute :

« Prévision, prévention, protection, voici ce qu’il faudrait mettre en place afin d’assurer un contrôle strict des plateformes pétrolières. Désormais, nous sommes sûrs que les études de sûreté et d’impact commandées par les compagnies pétrolières ne sont pas à la hauteur des enjeux. Il y a un gouffre entre l’argent investi dans la recherche de nouveaux gisements et les mesures de sécurité mises en place en cas de catastrophe pétrolière. Il faut donc résoudre ce problème et s’assurer que les compagnies européennes puissent prévenir les accidents mais aussi avoir des plans de secours adéquats.

Nous avons aussi besoin de « contrôler les contrôleurs »: au travers de l’Agence européenne de Sécurité Maritime, l’UE pourrait jouer un tel rôle vis-à-vis des organismes de certification et d’audit.

Face à de tels constats, la conclusion est évidente: alors que plus de la moitié des plateformes pétrolières de la Mer du Nord ont plus de 20 ans et que la technologie a montré ses limites, l’UE doit anticiper la raréfaction des ressources fossiles et cesser toute dépendance énergétique mettant en péril tant l’environnement que l’économie européenne.

Ceci passera d’abord par un moratoire sur la construction de nouvelles plateformes pétrolières, mais aussi et surtout par une orientation décisive en faveur des énergies renouvelables… qui elles aussi peuvent provenir de la mer ! »

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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