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Diabète: mieux vaut prévenir qu’enrichir l’industrie pharmaceutique

15 Mar 2012

Au Parlement, Communiqués

Les députés européens ont voté aujourd’hui 14 mars à Strasbourg en faveur d’une stratégie européenne (1) en vue de combattre le diabète. Le groupe des Verts s’est abstenu. Michèle Rivasi, députée européenne verte, explique pourquoi.

« Aujourd’hui, le diabète est l’une des maladies non transmissibles les plus répandues: elle toucherait plus de 32 millions de citoyens de l’Union, soit près de 10% de l’ensemble de la population. Chaque année, 325.000 décès sont imputables au diabète dans l’Union, soit un citoyen toutes les deux minutes, donc oui, il s’agit d’une réelle préoccupation.

Cependant, il y a moins de 6 mois, le Parlement a adopté une résolution très claire sur les maladies non-transmissibles, incluant le diabète, il n’y avait donc aucune urgence à sortir une autre résolution favorisant une maladie particulière. Le nouveau texte qui vient d’ être voté a été préparé par la coalition européenne pour le diabète et par le groupe de travail de l’UE Diabète (2), qui sont tous deux largement, si pas totalement, financés par l’industrie pharmaceutique… Une fois de plus, les liens d’intérêts sont de mise.

C’est cette même industrie, lobby qui écrase tout sur son chemin, qui va bientôt proposer aux jeunes enfants des médicaments anti-cholésterol (statines) pour lutter contre le diabète. Ces médicaments, extrêmement onéreux et donc destinés à remplir les caisses des laboratoires et creuser le trou de la sécurité sociale, peuvent s’avérer dangereux pour de jeunes enfants. La prévention intelligente, comme l’incitation au sport, une meilleure hygiène de vie et l’interdiction des publicités sur les aliments néfastes, plutôt que la médication, doit primer. L’épidémie de diabète va s’accentuer, et les coûts qui vont avec, également. Ces derniers représentent actuellement plus de 10% des dépenses de santé dans la plupart des Etats membres (2100 euros par diabétique par an). Il faut donc absolument prévenir une augmentation de ces coûts.

Enfin, il convient également de s’intéresser à la responsabilité des substances chimiques, comme le Bisphénol A, qui a récemment été reconnu «diabétogène» (3). L’occasion de rappeler aux autorités sanitaires françaises d’être plus fermes auprès de la Commission européenne et de l’EFSA pour que l’interdiction se généralise à l’échelle européenne« .

(1) Résolution du Parlement européen sur la mise en œuvre d’une stratégie de l’Union européenne sur le diabète (2011/2911(RSP)) B7-0148/2012 Marisa Matias, Patrick Le Hyaric, Kartika Tamara Liotard, Nikolaos Chountis, Jirˇí Masˇtálka au nom du groupe GUE/NGL

(2) Burson-Marsteller, une grande compagnie travaillant entre autre pour les industries pharmaceutiques, a également soutenu ce texte.

(3). Soriano S, Alonso-Magdalena P, Garcı´a-Are´valo M, Novials A, Muhammed SJ, et al. (2012) Rapid Insulinotropic Action of Low Doses of Bisphenol-A on Mouse and Human Islets of Langerhans: Role of Estrogen Receptor b. PLoS ONE 7(2): e31109. doi:10.1371/journal.pone.0031109

Note

Pour mémoire, le diabète est une maladie chronique qui survient lorsque le pancréas ne produit pas assez d’insuline ou lorsque l’organisme n’est pas capable d’utiliser efficacement l’insuline qu’il produit. Il en résulte une concentration accrue de glucose dans le sang (hyperglycémie).

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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