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Coût de Tchernobyl: la Commission doit soutenir des projets sanitaires innovants

11 Nov 2011

Au Parlement, Communiqués

Alors que le coût d’une sortie du nucléaire fait beaucoup de bruit partout en Europe, la catastrophe silencieuse et permanente de Tchernobyl fait toujours des victimes.

Entre 6 et 7 millions de personnes vivent encore dans les 150.000 kms carrés de territoires contaminés au Césium en Ukraine, en Biélorussie et en Russie. Victimes de l’irradiation lors de l’accident ou même victimes de la contamination par l’ingestion d’aliments cultivés en territoires contaminés, 2,4 millions d’ukrainiens (dont 428.000 enfants) souffrent de problèmes de santé liés à la catastrophe, selon les chiffres du Ministère ukrainien de la santé .

Conscient de la nécessité d’une meilleure prise en charge des victimes, le Professeur Yury Bandazhevski alerte l’opinion publique depuis de nombreuses années. Ses travaux de recherche initiés dès 1986 ont abouti à des conclusions dérangeantes sur l’impact de la contamination par ingestion. C’est pourquoi il a initié la création d’une Centre d’écologie et de santé visant à développer un modèle intégré de système de vie dans un territoire contaminé par la radioactivité. Ce projet est unique en son genre et permettra de tirer de véritables leçons de cette catastrophe et assurer le suivi épidémiologique des victimes, d’autant plus que ces résultats pourront aussi contribuer à une meilleure gestion des territoires contaminées de Fukushima. C’est pour ces raisons qu’il a été soutenu à plusieurs reprises par le Parlement européen.

Prochainement sera décidée l’attribution de fonds européens (DG AidCo) visant à soutenir la recherche sur les conséquences de Tchernobyl et la prise en charge des victimes. Le centre Ecologie et Santé est censé bénéficier de cette aide, mais le risque de privilégier les partenaires historiques de la Commission dans ces territoires reste important. C’est pourquoi le Parlement européen souhaite rappeler à la Commission son soutien à ce projet afin qu’elle tienne ses engagements pris à la suite de nombreuses réunions, en Europe ou en Ukraine.

Yury Bandhazevski viendra présenter l’état d’avancement de ce projet initié en 2010, tandis que Daniel Cohn-Bendit et Michèle Rivasi rappelleront l’importance de l’aide européenne à un projet aussi innovant, dans un contexte économique difficile.

Les liquidateurs ukrainiens de Tchernobyl encore en vie manifestent depuis plusieurs semaines devant le parlement ukrainien. Les aides qu’ils touchaient jusque là sont une fois de plus remises en cause et leur accès gratuit aux soins de plus en plus limité. N’oublions pas que leur sacrifice a permis d’éviter une contamination à grande échelle du territoire européen.

La conférence de presse aura lieu le 15 novembre prochain de 17h30 à 18h au Parlement européen à Strasbourg en salle Low N1/201.

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One Response to “Coût de Tchernobyl: la Commission doit soutenir des projets sanitaires innovants”

  1. LIEBER dit :

    Bonjour,
    Bravo pour cette initiative, mais comment se fait-il que l’Institut Belrad soit oublié? Le Belarus est le pays le plus contaminé au monde, avec l’Ukraine, et cet institut travaille depuis la catastrophe à multiplier les mesures, distribuer le traitement à base de pectine de pomme,accumuler un expertise unique au monde, et IL VA FERMER SES PORTES FAUTE DE FINANCEMENT!! Les Japonais se sont adressés à lui, il a commencé à développer un partenariat avec eux, et tout cela va tomber à l’eau parce qu’aucun « responsable » de quoi que ce soit ne s’intéresse à leurs travaux! Soutenir des projets « innovants », c’est bien, mais il faudrait aussi soutenir ce qui existe déjà et va disparaître faute de soutien… »Enfants de Tchernobyl-Belarus » dont je fais partie a toutes les informations sur ce centre de recherches unique. Informez-vous et agissez…Catherine LIEBER

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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