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Contamination radioactive des aliments en cas d’accident nucléaire : Les normes proposées ne protègent pas la santé des populations européennes

« Les valeurs proposées par la Commission européenne sont inadmissibles, supérieures par exemple à celles édictées au moment de Tchernobyl, » dénonce l’eurodéputée française du Groupe des Verts/ALE Michèle Rivasi suite à l’adoption ce matin en commission Industrie, Recherche et Energie (ITRE) de la proposition de règlement du Conseil. Cette proposition fixe les niveaux maximaux admissibles de contamination radioactive pour les denrées alimentaires et les aliments pour bétail après un accident nucléaire ou dans toute autre situation d’urgence radiologique.

Biologiste spécialiste de la radioprotection, Mme Rivasi a été à l’origine en 1986, après l’accident de Tchernobyl, de la Criirad, le premier laboratoire indépendant de mesures de la radioactivité en France.

« Les niveaux proposés par la Commission sont beaucoup trop importants. Consommer plus d’un mois certains aliments entraînerait dans ces conditions le dépassement de la dose des 1 millisivert/an, qui est la valeur limite à partir de laquelle le nombre des cancers augmente de façon inacceptable. Ces doses ne tiennent pas compte non plus des dernières études scientifiques montrant les effets sanitaires d’une contaminationchronique par l’alimentation ».

« Que se passe-t-il si vous consommez des aliments contaminés par la radioactivité ? Les doses s’accumulent. Or, à partir de 20 becquerels par kilo par exemple, les études disponibles montrent que les enfants présentent de sérieux problèmes cardiovasculaires et endocriniens. En n’en tenant pas compte, les maximales envisagées vont provoquer une augmentation inacceptable du nombre des cancers. »

« La contamination radioactive des aliments est clairement un sujet de santé publique européenne. A l’occasion de cette révision, le Parlement européen a repris la main en demandant à être associé à la définition des normes et en privilégiant des experts de la santé publique et des consommateurs au lieu des experts Euratom pour l’évaluation des niveaux de contamination desaliments en cas d’accident nucléaires. Les députés ont envoyé aujourd’hui un signal fort. Espérons que la Commission  européenne répondra favorablement. »

« Le problème fondamental est que ce texte impose des niveaux applicables à l’ensemble de l’Europe. On facilite la circulation et les échanges commerciaux d’aliments radioactifs, au lieu de les bloquer aux frontières. Ce qui revient à disséminer et banaliser la contamination  des aliments consommés par l’ensemble des populations ».

« C’est pour toutes ces raisons que le Groupe des Verts/ALE a voté contre, malgré les avancées institutionnelles obtenues. Je ne peux pas, en tant que scientifique et parlementaire, accepter des valeurs de contamination radioactive des aliments qui, en cas d’accident nucléaire, vont favoriser l’apparition de certains cancers et pénaliser les populations les plus sensibles. »

 

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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