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Naoto Kan au Parlement européen

Chef du gouvernement japonais en 2011, Naoto Kan a été confronté à la plus grave catastrophe nucléaire du XXIe siècle. Hier partisan de l’énergie atomique, il lutte aujourd’hui pour en sortir.

A l’initiative de Michèle Rivasi, Mr Naoto Kan a été invité le 14 mars 2018 au Parlement européen pour une conférence de presse et conférence devant une centaine de militants écologistes et de députés européens.

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Mieux que quiconque, Naoto Kan connaît aujourd’hui les conséquences d’un accident nucléaire.

Juste après l’accident de Fukushima, Naoto Kan avait demandé à un spécialiste de calculer le scénario du pire, quel était le risque en cas d’aggravation de la situation. Le résultat de la simulation était terrifiant : 50 millions de personnes auraient dû être déplacées dans une zone de 250 km autour de Fukushima, ce qui signifie que 40% de la population n’aurait pu revenir chez elle pendant 30 à 50 ans. Cette zone était complètement stérilisée. Il a alors compris qu’on avait risqué de perdre un tiers du territoire du Japon.

Il n’y a aucune garantie que l’énergie nucléaire puisse être utilisée sans risque.

Pour Naoto Kan, on ne peut exclure aucun risque d’erreur ou d’accident, et ce à jamais. Les accidents nucléaires ont toujours été causés par des erreurs humaines. À Tchernobyl, Three Mile Island et aussi au Japon. On dit que la catastrophe de Fukushima a été causée par un tremblement de terre, ce qui est vrai, mais avant qu’il n’arrive, une erreur de jugement a été commise à propos de la hauteur à laquelle les réacteurs ont été construits. Ils ont été bâtis trop bas, de telle sorte qu’ils étaient exposés à un tsunami. Si vous ne faites confiance qu’aux ingénieurs, il y aura toujours une erreur. Le risque est trop grand. Même s’il n’est que de 0,1%, les conséquences sont trop graves.

La situation à Fukushima reste préoccupante

Bien que le refroidissement du réacteur soit terminé et qu’il n’y a plus de risque d’aggravation, la situation des déchets n’est pas réglée. L’eau utilisée pour refroidir les réacteurs a contaminé les nappes phréatiques, elle s’est déversée dans la mer et cela continue.  De plus, ceux qui sont revenus chez eux ne sont pas à l’abri des radiations. Ils sont autorisés à retourner vivre là où le niveau maximal de radiation est de 20 millisieverts par an, la limite tolérée pour les travailleurs du nucléaire. Seules les personnes âgées acceptent ce risque. Les jeunes refusent. Enfin, concernant le démantèlement, Tepco dit que cela prendra 40 ans. Mais comme beaucoup de spécialistes, Mr Kan pense que même en 100 ans on n’y arrivera pas.

 

Les énergies renouvelables peuvent remplacer le nucléaire

Avant Fukushima, 54 réacteurs fournissaient 30% de l’électricité. Après, pendant deux ans, toutes les centrales ont été arrêtées. Le gouvernement a voulu les redémarrer, mais suite à l’opposition de la population, d’organisations et de décisions de justice, il n’y a eu que cinq réacteurs qui ont eu l’autorisation de redémarrer. Depuis sept ans, à peine 2% de l’électricité japonaise est d’origine nucléaire, et tout se passe bien.

Lors de l’accident, le niveau du renouvelable n’était que de 10%, principalement d’origine hydraulique. Pour stimuler l’introduction du renouvelable, le Japon a suivi l’exemple allemand, le « feed in tariff », qui est une garantie de prix à l’électricité d’origine renouvelable. Cette garantie est toujours en vigueur et grâce à cela le renouvelable s’est développé de manière spectaculaire. La production du renouvelable devrait être portée à 40%.

Naoto Kan a ainsi appelé à une transition rapide vers les énergies renouvelables qui sont bien moins coûteuses que la production d’une centrale nouvelle génération comme celle de Flammanville. Il faut parler des énergies renouvelables et démontrer qu’elles peuvent complètement remplacer le nucléaire. Vous pouvez donner l’exemple des pays voisins de la France comme l’Allemagne, l’Espagne et le Danemark. Au Danemark, 60% de l’électricité est produite grâce aux énergies renouvelables. Donc pourquoi pas en France?

 

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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