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Climat / Energie: le parlement européen demande des engagements forts et contraignants pour 2030

La Commission européenne proposera fin janvier un nouveau paquet climat afin de définir un cadre politique européen à l’horizon 2030. En amont de cette présentation et suite à sa publication d’un Livre vert en matière de climat et d’énergie (1), le Parlement européen a adopté aujourd’hui une position forte. Ses commissions parlementaires Environnement et Énergie appellent la Commission européenne et les États membres de l’UE à ce que les engagements européens se traduisent par de nouveaux objectifs contraignants.

À la suite d’un vote-marathon de près de 900 amendements et d’intenses négociations, Sandrine Bélier, Yannick Jadot et Michèle Rivasi, eurodéputé(e)s écologistes, se réjouissent du message clair envoyé :

« Alors que l’Union européenne a toujours souhaité faire de sa politique climatique un modèle pour le reste du monde, 2014 sera une année clé pour conforter ses ambitions. Les votes en commissions parlementaires du PE traduisent la résolution des écologistes et de leurs collègues eurodéputés de relever le défi, et ce malgré la pression des États membres les plus réfractaires. Nous jugeons urgent d’adopter de nouveaux objectifs contraignants concernant la réduction des gaz à effet de serre, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique à l’horizon 2030. C’est bien l’objectif contraignant pour 2020 qui a été le moteur principal du déploiement actuel des capacités renouvelables dans l’UE, il faut continuer sur cette voie.

La volonté de 8 États membres (2) – dont la France – de fixer des objectifs (non-contraignants) pour 2030 est rassurante. Mais elle révèle aussi une certaine hypocrisie: l’objectif français est d’atteindre 23% d’énergies renouvelables en 2020, pourtant les projections actuelles n’atteignent que 17%, exposant la France à des sanctions. L’État français doit se réveiller et rassurer les professionnels des énergies renouvelables qui attendent une lisibilité des objectifs pour une meilleure prévisibilité des investissements.

Concernant les émissions de gaz à effet de serre, l’UE ne doit pas répéter les erreurs et le manque d’ambition de la stratégie 2020 qui ont miné l’efficacité de l’ensemble de la politique climatique et des instruments clés comme le marché des émissions carbone. Nous espérons que la Commission européenne entendra et intègrera les propositions claires et fortes que nous avons formulées. À cette fin, nous regrettons que le Parlement propose une réduction de 40% alors que les écologistes rappellent que seule une réduction de 60 % ses émissions de carbone mettrait l’économie européenne sur la voie de la décarbonisation pour 2030.

Compte tenu de la lente progression vers l’objectif 2020 sur les énergies renouvelables, il est impératif que l’UE se fixe des objectifs ambitieux pour 2030. Au-delà des 30% d’énergies renouvelables proposés par le Parlement européen, nous jugeons que viser une part de 45 % de la production d’énergie totale européenne serait réaliste comme l’ont prouvé de nombreux scenarios. Le Parlement a su porter une position ambitieuse sur l’efficacité énergétique alors que les États membres de l’UE sont loin de répondre à l’objectif actuel (non-contraignant): cette erreur devra être corrigée. Nous demandons un nouvel objectif contraignant afin que la consommation d’énergie en Europe soit réduite de 40 % ».

(1) Commission européenne « Livre vert – Un cadre pour les politiques en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030« , 27 mars 2013.

(2) Allemagne, France, Italie, Belgique, Irlande, Portugal, Danemark et Autriche.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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