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Azerbaïdjan / Ramil Safarov: la provocation azérie doit cesser et la Hongrie rendre des comptes

Le Parlement européen a voté aujourd’hui une résolution d’urgence concernant le cas de Ramil Safarov et la dernière provocation de l’Azerbaïdjan (1) à l’encontre du processus de paix avec l’Arménie et la résolution du conflit du Nagorno-Karabakh.

Ce vote était très controversé, notamment du fait de l’implication de la Hongrie de Viktor Orban qui ne cesse d’être au banc des accusés au sein de l’UE: « Il était de notoriété publique que Safarov était adulé en Azerbaïdjan depuis sa condamnation, considéré comme un véritable héros national alors qu’il avait commis un meurtre à caractère xénophobe. Dès lors il était évident qu’il serait libéré dès qu’il aurait mis le pied sur le tarmac…et que le message passé par le Président Aliyev à son peuple serait: massacrez un Arménien et vous deviendrez un héros national. L’escalade de la violence entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan va s’en trouver aggravée, et ne facilitera pas la solution internationale par le groupe de Minsk du problème explosif du Nagorno-Karabakh. La décision de l’Azerbaïdjan de gracier Safarov est un déni de justice et un bidouillage honteux d’une Convention internationale, alors que l’Azerbaïdjan aurait – semble-t-il – donné des garanties quant au maintien en détention de Safarov ».

« Le transfèrement de Ramil Safarov est un scandale européen et le Parlement européen n’a pas su prendre la mesure de la gravité des faits reprochés à la Hongrie. La responsabilité de Viktor Orban est déplorable: le retour de Ramil Safarov était la condition nécessaire au rachat de 2 à 3 milliards d’euros d’obligations de l’Etat hongrois par l’Azerbaïdjan! Mais la responsabilité du groupe PPE est aussi à mettre en cause, le négociateur désigné par le groupe politique était hongrois afin de juguler toute mise en cause de la Hongrie dans cette résolution! Les droits de l’homme sont la première des motivations de l’UE dans sa politique étrangère, quel signal envoyons-nous alors aux dictatures en tout genre? Rachetez notre dette avec vos pétrodollars et on fermera les yeux?! C’est lamentable ».

Et l’eurodéputée de conclure: « C’est pourquoi je regrette que cette résolution d’urgence ne soit finalement qu’une simple condamnation morale et qu’elle n’aille pas plus loin en demandant des comptes à la Hongrie et à l’Azerbaïdjan. Nous ne sommes pas une ONG: le Parlement européen doit faire preuve d’autorité et prendre des mesures fortes dans des cas aussi extrêmes ».

(1) Le 31 Août dernier, le soldat azéri Ramil Safarov – condamné à perpétuité en Hongrie pour l’homicide d’un soldat arménien lors d’un stage de l’OTAN pour la paix – rentrait dans son pays après avoir purgé une peine de 7 ans en Hongrie. Son retour se faisait dans le cadre de la Convention sur le transfèrement des personnes condamnées, il aurait donc du purger le reste de sa peine dans les prisons azéries, mais la grâce présidentielle octroyée par le président azéri fait désormais de lui un héros national.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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