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Lignes Haute Tension : « Messieurs les préfets, appliquez la loi ! » demande Michele Rivasi

11 Avr 2010

Communiqués, CRIIREM

A la demande des ministères de la santé et de l’environnement, l’AFSSET a rendu le 29 mars dernier un avis sur les champs électromagnétiques « extrêmement basses fréquences » (EBF), principalement émis par les lignes électriques, ou par tout appareil branché sur le réseau électrique. Sur les risques éventuels de leucémie infantile, l’Afsset reconnait une  « association statistique causale » et  préconise « de ne pas installer ou aménager de nouveaux établissements accueillant des enfants (écoles, crèches…) à proximité immédiate des lignes à très haute tension, et de ne pas implanter de nouvelles lignes au-dessus de tels établissements ». L’agence recommande aussi une distance minimum de 100 mètres entre les lignes à très haute tension et ces établissements.

« Il était temps que l’AFSSET reconnaisse ce risque, mais cela va-t-il vraiment changer les choses ?, » s’interroge Michèle Rivasi, députée Europe Ecologie PACA/Rhône-Alpes. « Il faut savoir que le lien entre l’apparition des leucémies infantiles et la proximité des lignes électriques a été mis en évidence depuis 1979, » poursuit l’élue Verte, également biologiste et fondatrice du Criirem (Centre de Recherche et d’Information sur les Rayonnements Electromagnétiques). Ce lien a ensuite été démontré à de nombreuses reprises, en particulier avec l’étude Draper publiée en Angleterre en 2005.

« Réalisée sur plusieurs dizaines de milliers d’enfants, l’étude Draper montre un risque de leucémie infantile 69 % plus élevé que la moyenne si le lieu de naissance se trouve à moins de 200 mètres d’une ligne à haute tension, et encore 23 % supérieur à la normale si l’on se trouve à une distance comprise entre 200 et 600 mètres de distance, » résume la députée européenne.

« D’autres études indiquent un doublement du risque de leucémie infantile pour une exposition supérieure à 0,4 microTesla, l’unité du champ magnétique des champs EBF, signale Michèle Rivasi. Pourtant, en France, un arrêté de 2001 fixe la limite d’exposition à 100 microTesla ! Soit plus de deux cent fois plus. C’est cela la réglementation actuelle. A mes yeux, elle est inacceptable. »

« C’est pourquoi il faut exiger des pouvoirs publics qu’ils suivent les recommandations de l’AFSSET. Mais aussi d’aller plus loin, en appliquant les servitudes de 30 mètres prévues par le décret du 19 août 2004, et en arrêtant d’attribuer des permis de construire sous des lignes à très haute tension, demande Michèle Rivasi. Il est également nécessaire de limiter l’exposition du public à 0,2 microTesla, telle que le recommandent les institutions internationales. »

2 Responses to “Lignes Haute Tension : « Messieurs les préfets, appliquez la loi ! » demande Michele Rivasi”

  1. JBD dit :

    Bonjour, il semble qu’il y ait deux erreurs dans votre article.

    Tout d’abord l’AFFSET parle d’une simple « association statistique » et non d’une « association statistique causale », ce qui est clair dans son avis http://www.afsset.fr/index.php?pageid=452&newsid=552&MDLCODE=news

    Par ailleurs, les institutions internationales ne recommandent pas 0,2 micro Tesla, mais 100 micro Tesla.
    Cette limite édicté par l’OMS correspond à celle de l’AFSSET http://www.who.int/peh-emf/about/WhatisEMF/fr/index4.html

  2. Pinto de Sá dit :

    C´est vrai que l’étude Draper montre un risque de leucémie infantile 64% plus élevé que la moyenne si le lieu de naissance se trouve à moins de 200 mètres d’une ligne à haute tension, mais c´est vrai aussi que le même étude montre un risque pour les tumeurs dans le cerveau 27% MOINS élevé que la moyenne pour les mêmes conditions, et 12% MOINS élevé pour les autres types de cancers.
    Si l´on combine les statistiques de l´étude Draper, le rêsultat est null.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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