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PRESS BRIEFING SUR L’OBJECTION DU PARLEMENT SUR LES CONTRÔLES SUR L’ALIMENTATION EN PROVENANCE DE FUKUSHIMA

06 Sep 2017

Commission ENVI, CRIIRAD

Il s’agit d’une objection du Parlement européen à une proposition de la Commission européenne visant à modifier le Règlement d’application (UE) 2016/6 de la Commission du 5 janvier 2016 imposant des conditions particulières à l’importation de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux originaires ou en provenance du Japon à la suite de l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima, et abrogeant le règlement d’exécution (UE) n° 322/2014.

La proposition de la Commission va à l’encontre du principe de précaution. La proposition modifie l’annexe II du règlement (UE) 2016/6 et réduit les contrôles relatifs à la présence d’éléments radioactifs (césium 134 et 137) dans les denrées alimentaires et aliments pour animaux importées dans l’UE.

Le projet d’amendement du règlement 2016/6 prévoit d’exclure la municipalité d’Akita des contrôles, diminuant le nombre de municipalités concernées de 13 à 12.

La proposition de la Commission prévoit également de réduire le nombre de catégories alimentaires concernées :

– Suppression de l’obligation de contrôle à l’exportation du riz et des produits dérivés pour la municipalité de Fukushima.

  • cela signifie qu’il n’y aura plus aucune obligation d’échantillonner et d’analyser ces produits lors de leur entrée dans l’Union, ni aucune obligation pour les autorités japonaises d’attester leur conformité aux niveaux maximaux de contamination radioactive.
  • un des produits dérivés du riz retirés de l’annexe II est le riz utilisé dans les aliments pour bébés et les aliments destinés aux jeunes enfants;
  • Or pour ces groupes, compte tenu de leur vulnérabilité particulière à l’exposition aux rayonnements, aucun niveau de contamination ne serait acceptable;
  • De plus, dans le cadre de l’accord de libre-échange entre le Japon et l’UE, les exportations de riz du Japon pourraient augmenter

Retrait de sept espèces de poissons de l’obligation de contrôle préalable à l’exportation pour les municipalités de Fukushima, Miyagi, Iwate, Gunma, Ibaraki, Chiba, et Tochigi.

Suppression aussi de toutes références aux crustacés et mollusques.

Dans la municipalité de Nagano, les poissons et produits de la pêche (hormis 7/8 espèces) doivent désormais être contrôlés avant exportation, alors qu’aucune justification de ce resserrement des contrôles n’est donnée;

Le projet de proposition se base sur les données fournies par les autorités japonaises pour 2014, 2015 et 2016 (plus de 132 000 données sur la radioactivité dans les aliments pour animaux et autres aliments que le bœuf et plus de 527 000 données sur la radioactivité dans le bœuf); mais ni cette analyse, ni un lien vers les données brutes, n’ont été fourni dans le projet de proposition. Il est donc très difficile de vérifier si les mesures proposées sont suffisantes pour protéger la santé des citoyens de l’Union.

Un sommet UE-Japon révélateur

Pour rappel, le 6 juillet, à la conférence de presse du sommet UE-Japon à Bruxelles, les dirigeants ont annoncé le nouvel accord politique sur l’accord de libre-échange UE-Japon.

Jean-Claude Juncker, Président de la Commission européenne et le Premier ministre Shinzo Abe ont explicitement fait référence à la réglementation sur les produits importés de Fukushima et des alentours. Jean Claude Juncker a déclaré : « Je voudrais féliciter M. Abe pour les progrès remarquables que le Japon a faits pour rendre les produits des régions de Fukushima plus sûrs suite à l’accident de 2011. Je suis confiant et vais travailler dans cette direction pour qu’après les vacances d’été il y ait une nouvelle levée des mesures d’importation. »

Shinzo Abe a quant à lui déclaré : « En ce qui concerne Fukushima et la réglementation sur les produits alimentaires importés, ce point était une de mes demandes. Jean-Claude Juncker a montré une attitude positive et une très forte volonté a été communiquée. Je voudrais évaluer cela très fortement. »

A 2 :30[1],Juncker :

 » I would like to make congratulations to Mr Abe on the remarkable progress that Japan has made on making products from Fukushima Regions safer following the 2011 accident. I am confident, I will work in this direction that we will have after summer break a further lifting of importation measures »

A 4 :55[2],Shinzo Abe:

« With regard with Fukushima and imported food regulation, it is something that I have called for and requested as Jean-Claude as said. Jean-Claude has shown a very good looking attitude and a very strong will have been communicated. I would like to evaluate this very highly. »

[1] https://tvnewsroom.consilium.europa.eu/event/eu-japan-summit-2017-17cf0/press-conference-president-european-commission-juncker-17d0d

[2] https://tvnewsroom.consilium.europa.eu/event/eu-japan-summit-2017-17cf0/press-conference-prime-minister-abe-17d0e

Plus d’informations dans le communiqué de presse « La Commission européenne doit s’opposer aux rejets d’eau radioactive dans le Pacifique ! »

Bloquer le déversement d’eaux usées radioactives dans l’océan! 

Début juillet, le président de la Tokyo Electric Power Company (TEPCO) a officiellement demandé l’autorisation du gouvernement japonais de déverser 770 000 tonnes tonnes d’eau radioactive qui a utilisé pour refroidir les réacteurs endommagés par la centrale nucléaire dans l’océan Pacifique. Si on l’autorise, cela aurait un impact gravement négatif sur la sécurité alimentaire des produits de la pêche récoltés au large des côtes du Japon;

Pétition « Tell the Japanese government: don’t dump nuclear waste into the ocean! »: + de 251 000 signatures à ce jour, 16 députés euopéens ont signé et on constate une forte oalition politique / société civile avec Paul Watson (SeaSeapherd), Claire Nouvian (Bloom), Valérie Cabanès (End Ecocide), Cyril Dion (Demain) parmi les premiers signataires…

« Dites au gouvernement japonais de bloquer le déversement d’eaux usées radioactives dans l’océan! »:

https://actions.sumofus.org/a/le-japon-s-apprete-a-donner-le-feu-vert-pour-que-des-tonnes-d-eau-radioactive-soient-deversees-dans-l-ocean-pacifique/?akid=33004.4892939.h14Q9C&rd=1&source=fwd&t=3

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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