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World CleanUp Day : « Nous devons rester attentifs à ne pas nous laisser intoxiquer par les lobbys du plastique »

WORLD CLEANUP DAY / DECHETS PLASTIQUES : « NOUS DEVONS RESTER ATTENTIFS A NE PAS NOUS LAISSER INTOXIQUER PAR LES LOBBYS »

Samedi 15 septembre, le monde se mobilise contre les déchets… Les plastiques y occupent une place de choix. Bon marché, résistantes et polyvalentes, les matières plastiques ont conquis la planète et tous les secteurs de l’économie. Frappés par la décision de la Chine de ne plus importer de déchets plastiques, les législateurs européens se sont enfin saisis du problème. Mais dans les coulisses, les lobbys intriguent pour amoindrir la portée des mesures les plus urgentes, avertit Michèle RIVASI, députée européenne Europe Écologie Les Verts et spécialiste santé environnement.

46 milliards de bouteilles en plastique, 36 milliards de pailles jetables, 16 milliards de gobelets et 2 milliards d’emballages et de barquettes en plastique à emporter sont consommés chaque année au sein de l’Union Européenne. La Commission souhaite interdire ou restreindre l’essentiel de ces objets d’ici 2021, avec les bâtonnets des cotons-tige et des mélangeurs à boisson, les sachets contenant les aliments tels ceux des bonbons et des chips, et les restes de ballons gonflables avec leur support.

ALERTE A LA DIRECTIVE
Le projet de directive sur « la réduction de l’incidence dans l’environnement de certains produits en plastique », proposé fin mai 2018, vise à compléter la stratégie plastique présentée quelques mois plus tôt. Elle s’attaque aux déchets marins plastiques les plus répandus sur les plages européennes : objets plastiques à usage unique et matériels de pêche qui constituent 70 % des déchets dénombrés.

Mais en coulisses, les lobbys veillent à raboter les mesures les plus ambitieuses. Des fabricants d’emballage aux grands groupes tel Coca-Cola qui – fort de ses 120 milliards de bouteilles en plastique jetable produites chaque année – s’oppose à tout surcoût de collecte ou de recyclage, tous sont mobilisés. Veillant à suggérer des taux de collecte et de recyclage fixés à minima et selon un calendrier arrangeant, éviter le retour de systèmes de consigne dont le surcoût serait porté par les entreprises concernées, ou encore obtenir des demandes d’exemption surprenantes.

Ainsi, les industries des boissons multiplient les courriers demandant à être dispensés de l’obligation d’attacher le bouchon ou le couvercle au récipient. Une exigence présentée comme trop coûteuse. Comment expliquer alors que le projet de rapport du parlement européen propose que les boissons gazeuses bénéficient d’une dérogation ? Pourquoi pour les sodas et pas pour les bouteilles d’eaux plates ou pétillantes ? Comment ne pas voir une demande soufflée par l’UNESDA (Union European Beverage Association), le puissant lobby des soft drinks ?

LE DOUBLE JEU DU RECYCLAGE
En matière de recyclage et de collecte, qui sait d’ailleurs que derrière les grandes campagnes de ramassage des déchets plastiques se cachent souvent le généreux mécénat des fabricants à l’origine de ces déchets ? Ou encore que les associations qui militent en faveur du recyclage bénéficient souvent du soutien des entreprises du plastique ?

Les associations Clean Europe Network et European Litter Prevention par exemple, très actives dans la lutte contre les déchets plastiques sauvages, partagent leur adresse et leur secrétaire général avec les associations professionnelles Serving Europe et Pack2Go Europe, des lobbys «en même temps» fortement opposés aux mesures françaises et bientôt irlandaises d’agir à la source en interdisant certains plastiques à usage unique.

LA NECESSITE DE MESURES URGENTES, FERMES ET FORTES
Il faut bien sûr améliorer les pratiques, revoir à la hausse nos objectifs de collecte et de recyclage et forcer les entreprises à utiliser du plastique recyclé. Il est anormal, par exemple, de ne pas atteindre les 100 % de bouteille en plastique recyclé d’ici à 2025, et de se satisfaire de l’engagement de 25 % pris par l’industrie. Il faut aussi, comme je l’ai demandé, informer le consommateur de la part de plastique recyclé présent dans les récipients utilisés. Mais nous devons surtout produire moins de plastique.

La ré-introduction d’un système de consigne des bouteilles et une fiscalité de type pollueur payeur pour remettre les industriels face à leur responsabilité sont les mesures les plus efficaces pour obtenir un effet rapide en matière de réduction des déchets plastiques dans notre environnement. Et par voie de conséquence sur nos plages. En ce jour d’action mondiale, ne baissons pas notre niveau d’exigence et restons vigilants aux tentatives de manipulation !

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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