Webinaire “Pesticides interdits ici, mais exportés hors UE”

Le 29 septembre, de 14h30 à 16h30, nous vous invitons à participer au webinaire “Pesticides interdits ici, mais exportés hors UE”organisé par les eurodéputés Eric Andrieu (S&D), Anja Hazenkamp (GUE) et Michèle Rivasi(Verts / ALE), en collaboration avec les ONGs PAN Europe et Public Eye.

Inscription sur: https://forms.gle/Vm3q1N3e8EWTrTxk9

Contexte:

Les citoyens européens s’inquiètent de plus en plus de l’utilisation de pesticides dangereux dans la production alimentaire et de leur impact sur la santé humaine et la biodiversité à l’échelle mondiale. La loi européenne qui vise à garantir un niveau élevé de protection contre les pesticides en Europe et l’engagement de la Commission européenne dans le cadre de la Stratégie «De la ferme à la fourchette» d’interdire progressivement les pesticides dangereux de l’agriculture et de promouvoir des pratiques alternatives sont sans aucun doute extrêmement importants.

Cependant, la législation européenne n’interdit pas les entreprises ou les Etats membres de produire ces pesticides dangereux pour les exporter. Le 10 septembre 2020, les ONGs Public Eye et Greenpeace UK dévoilaient que plus de 81.000 tonnes de pesticides extrêmement dangereux ont été vendues en 2018 hors de l’Union européenne[1].

Les entreprises européennes de pesticides réalisent des bénéfices en vendant des pesticides interdits à d’autres pays à revenu faible et moyen, profitant de la faiblesse des réglementations nationales en matière de protection humaine et environnementale contre les pesticides. Souvent, ces pesticides sont appliqués par des travailleurs qui ne disposent pas d’équipement de protection, ce qui met leur santé en danger. La contamination environnementale qui en résulte entraîne une augmentation des maladies, souvent chez les enfants, et un impact dévastateur sur la biodiversité, un constat soulevé par le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation[2]. Au final, ces pesticides interdits se retrouvent dans nos assiettes par le biais de nos importations.

Avec cet événement, les eurodéputés souhaitent mettre ces questions sur la table et discuter des solutions politiques potentielles avec la Commission européenne, l’Agence européenne des produits chimiques et la société civile.

Avec le Pacte vert européen qui place la santé environnementale et la biodiversité au premier plan de la politique de l’UE, et l’UE s’engageant à travers la stratégie “De la ferme à la fourchette” pour un système européen de production et de consommation alimentaire durable , le moment est venu de considérer le rôle de l’UE en tant que leader mondial en matière de durabilité, de protection humaine et environnementale.

Il est urgent de prendre position contre l’exportation de pesticides interdits par les pays de l’UE. La France s’est déjà engagée à interdire les exportations de pesticides interdits par l’UE en 2022 et le commissaire à l’agriculture Janusz Wojciechowski a déclaré que l’UE ne devrait pas autoriser «les importations de produits à base de pesticides interdits dans l’UE»[3].


[1] https://www.publiceye.ch/en/topics/pesticides/banned-in-europe

[2]https://www.ohchr.org/EN/Issues/Environment/ToxicWastes/Pages/Pesticidesrighttofood.aspx

[3] https://www.reuters.com/article/us-eu-agriculture-pesticides/eu-should-end-imports-made-with-banned-pesticides-farm-chief-idUSKBN2432SC

Des interprétations seront disponibles en anglais, en français et en portugais.

Michèle Rivasi, eurodéputée et membre des commissions parlementaires ENVI et DEVE:

“C’est inacceptable que l’Union européenne permette aux sociétés agrochimiques de continuer à inonder les pays du sud de substances jugées trop dangereuses pour nous. Si nous interdisons des pesticides en raison de leurs dangers pour la santé et l’environnement, nous ne devrions pas autoriser les entreprises à les produire pour les exporter et nous ne devrions pas non plus tolérer l’importation de denrées alimentaires produits avec ces substances toxiques.

C’est une aberration du système européen législatif. Nous avons d’un côté la commissaire en charge de la santé qui nous confirme que les entreprises européennes ou les États qui exportent hors UE ne nécessitent pas d’autorisation préalable de l’Union européenne, et que leur seule obligation est de ne pas utiliser ces produits toxiques sur le territoire européen[1]. De l’autre côte, nous avons la commissaire responsable des partenariats internationaux  qui confirme que la Commission européenne ne dispose pas de données sur la question[2].

Au Parlement européen, je me bats contre cette hypocrisie de la législation européenne. Suite au soutien des autres groupes politiques pour ma demande, un état des lieux de ces exportations est officiellement commandé par la commission Développement du Parlement européen et sera disponible à la fin de cette année 2020.

Récemment, le 17 septembre 2020, mon objection[3] s’opposant à la proposition de la Commission européenne de relever les limites maximales autorisées de résidus (LMR) de certains pesticides dans ou sur certains produits alimentaires a été adoptée par le Parlement européen (+ 372, -275, et 39 abs). Pour des raisons purement commerciales, la Commission européenne avait proposé d’augmenter les limites maximales de résidus pour plusieurs substances, comme le flonicamide (dont on retrouve des résidus sur les fraises, les mûres, les framboises, d’autres petits fruits et baies,), l’haloxyfop-P (utilisée sur les graines de lin) ou la mandestrobine (utilisée sur les fraises et les raisins).

Alors que la Stratégie “de la ferme à la fourchette” prône la réduction des pesticides, nous ne pouvons pas laisser les logiques de libre-échange conduire à une réduction des normes de protection sanitaire et environnementale.”


[1] https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/E-9-2020-000593-ASW_FR.html

[2] https://www.michele-rivasi.eu/politique/pesticides-interdits-en-europe-mais-vendus-dans-les-pays-du-sud

[3] https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2020-0238_FR.html

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Par Michèle Rivasi

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