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Visite d’Eric Besson à Fukushima: en pleine campagne présidentielle, la désinformation continue

21 Fév 2012

A la Une, Communiqués, Medias

Après les multiples rebondissements qui ont discrédité l’industrie nucléaire en France, le mythe d’une énergie nucléaire sûre, économique et propre a définitivement volé en éclat. Pour gagner le débat sur l’avenir énergétique de la France, Nicolas Sarkozy ne sait plus comment faire. Preuve en est, sa dernière idée a été d’envoyer Eric Besson dans la zone interdite de Fukushima…pour nous rassurer.

Une bien belle mascarade que décrypte Michèle RIVASI, spécialiste du nucléaire et porte-parole d’Eva Joly: « Cette visite d’Eric Besson, premier ministre étranger à visiter la zone interdite, est une mascarade de plus à mettre au compte du gouvernement français et de l’industrie nucléaire. Notre ministre de l’énergie en a profité pour vanter la collaboration du génie nucléaire français, Areva ayant participé à la mise en place d’une usine de décontamination de l’eau de refroidissement déversée sur les réacteurs. Pourtant cette entreprise de décontamination est loin d’être un succès (1), preuve s’il en est de l’impossible gestion d’une catastrophe nucléaire. »

« Par ailleurs, Eric Besson se veut rassurant sur le bilan sanitaire de la catastrophe nucléaire. Selon le directeur de Tepco, aucun travailleur n’a reçu de dose mortelle, ce qui semble invraisemblable mais impossible à vérifier du fait de l’omerta régnant au Japon. Comment y croire alors qu’un bilan officiel révèle qu’au moins 573 personnes sont mortes des suites de l’accident (2)? Par ailleurs, Tepco avait pourtant reconnu que 143 liquidateurs étaient ‘introuvables’ depuis le 11 mars dernier, une manière habile de dissimuler certaines informations.

« Enfin, Eric Besson a appelé les travailleurs de Fukushima à redonner vie à ce secteur, car l’énergie nucléaire serait une source d’énergie indispensable. Difficile d’y croire quand on sait que l’énergie nucléaire représente à peine 2% de la consommation finale d’énergie au niveau mondial. »

Et Michèle RIVASI de conclure: « Seulement 2 réacteurs sont encore en fonctionnement au Japon. De facto le pays a quasiment réussi une sortie du nucléaire en moins d’un an mais à un prix faramineux, c’est pourquoi les écologistes tiennent à rappeler qu’il est éthiquement préférable et bien moins coûteux d’effectuer une sortie programmée plutôt que subie. Rappelons aussi que Naoto Kan, ancien Premier ministre en exercice pendant la catastrophe, reconnaît désormais que le nucléaire est un risque qui ne doit pas peser sur l’avenir du pays. Je déplore donc que les média français, muets depuis plusieurs mois sur l’évolution critique de la situation, soient bien prompts à relayer cette visite; et je regrette qu’ils ne s’intéressent pas plus à relayer le désespoir des Japonais et les véritables conséquences de ce désastre humanitaire et environnemental.« 

(1) Voir: http://www.sciencesetavenir.fr/crise-nucleaire-au-japon/20110826.OBS9256/fukushima-la-decontamination-de-l-eau-prend-du-retard.html

(2) Voir : http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T120204003191.htm – des chiffres temporaires puisque la contamination radioactive au Césium continue encore à faire des morts aux alentours de Tchernobyl.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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