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Victimes d’essais nucléaires: je demande des excuses officielles à Nicolas Sarkozy

Cela fait des années que je travaille en collaboration avec l’Aven (association des Anciens Vétérans des Essais Nucléaires), les révélations du document secret de l’armée française sur les essais nucléaires au Sahara entre 1960 et 1966 ne me surprennent donc pas. Les gouvernements successifs ont toujours nié ou tenté de minimiser les conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires français que ce soit au Sahara ou en Polynésie. J’avais d’ailleurs déposé un projet de loi sur le sujet dès 2002 (1). Après des dizaines d’années d’omerta une loi sur l’indemnisation des victimes a enfin été votée en janvier 2010 mais une fois de plus tout a été fait pour limiter la portée du texte.

Crédit photo : © Michael Ransburg - Fotolia.com

Et c’est aujourd’hui le parcours du combattant pour les vétérans, qui doivent prouver devant une Commission le lien entre leurs maladies et les essais alors que le ministère de la Défense n’a pas une connaissance exacte des personnes qui ont participé aux essais ou à leur organisation, sans parlé de l’absence de relevés dosimétriques. Commission qui, il faut le signaler, est dépendante du Ministère de la Défense. Par ailleurs rien n’est prévu en matière d’impacts environnementaux.

La France doit définitivement lever le voile sur ce mensonge d’état et assumer pleinement ses responsabilités envers les vétérans, qui doivent être mieux indemnisées et plus facilement. J’avais rencontré la même omerta de la part du Ministère de la Défense lorsque je menais une mission d’information sur les vétérans de la guerre du Golf. Pour la première fois, nous avons en main un document prouvant de manière incontestée l’utilisation des militaires comme cobaye durant des essais nucléaires. Je demande donc à Nicolas Sarkozy de présenter des excuses officielles au nom de la France aux vétérans et à leurs familles.

(1) Proposition de loi sur les conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires français

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One Response to “Victimes d’essais nucléaires: je demande des excuses officielles à Nicolas Sarkozy”

  1. Carteau dit :

    Avez-vous lu l’article de Science et vie de Décembre:radioactivité on peut enfin repérer les cancers qu’elle provoque par des chercheurs du CEA au niveau des gènes et pour chaque individu.N’est pas la solution pour se faire reconnaitre pour toutes les victimes?
    Cordialement
    Marcel Carteau

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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