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Suites de l’étude Séralini: les députés européens appellent à davantage d’expertise indépendante

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient de rejeter définitivement l’étude du Professeur biologiste Gilles-Eric Séralini (Université de Caen) publiée le 19 septembre dernier dans la revue Food and Chemical Toxicology. Cette étude avait été menée durant deux ans sur des rats nourris avec des aliments contenant du maïs génétiquement modifié (variété NK603, tolérante à un herbicide), avec et sans l’herbicide Roundup, ainsi qu’avec du Roundup seul.

Plusieurs députés européens, tous bords politiques confondus (1), ont demandé dans une lettre ouverte à la Commission européenne, davantage de transparence sur les études d’évaluation des risques sur la santé et l’environnement portant sur les OGM et les pesticides.

Pour Michèle Rivasi, députée européenne vice-présidente du groupe des Verts/ALE à l’initiative de la lettre ouverte: « Après ce rejet, nous réclamons plus que jamais que des études de long terme (plus de trois mois) sur la toxicité des OGM soient réalisées, et ce en toute transparence. Il est également indispensable que les données brutes de ces études, qu’elles soient faites par Monsanto ou par des chercheurs indépendants, soient accessibles sur un site public en ligne et sous une forme exploitable statistiquement. Il faut en finir avec les accords de confidentialité qui rendent impossibles une contre-expertise indépendante ! »..

Pour Corinne Lepage, députée européenne (ALDE) membre de la commission Environnement, « On n’en attendait pas moins d’un organisme qui pratique une politique de « deux poids deux mesures » en fonction des conclusions des études qui lui sont présentées et qui s’est révélé incapable de gérer convenablement les conflits d’intérêt en son sein. »

Selon Sophie Auconie, députée européenne (PPE) également membre de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire : « Il nous faut des études scientifiques indépendantes, contradictoires et de long terme. La Commission européenne doit donc mettre en œuvre au plus vite les moyens nécessaire pour rassurer les citoyens sur la sécurité de leur alimentation ! »

Enfn selon Marc Tarabella, député européen (S&D) en charge de la défense du consommateurs et de l’Agriculture : « Ce nouvel épisode n’a finalement fait qu’épaissir les doutes vis à vis des OGM, vis à vis du monde scientifique mais aussi de l’Europe qui doit être garante de la sécurité alimentaire. Je plaide plus que jamais pour que des études sur les OGM soient conçues et réalisées par des organes européens totalement indépendants afin que l’on sache si 500 millions de consommateurs européens se font empoisonner au quotidien ou si toutes ces polémiques ne sont que du vent! »

Retrouvez leur requête complète sur le site du Huffington Post.

(1) François Alfonsi (Verts/ALE), Oana Antonescu (PPE), Sandrine Bélier (Verts/ALE), Jean-Paul Besset (Verts/ALE), Jean-Jacob Bicep (Verts/ALE), José Bové (Verts/ALE), Yves Cochet (Verts/ALE), Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE), Marije Cornelissen (Verts/ALE), Karima Delli (Verts/ALE), Anne Delvaux (PPE), Isabelle Durant (Verts/ALE), Sari Essayah (PPE), Jill Evans (Verts/ALE), Bas Eickhout (Verts/ALE), Hélène Flautre (Verts/ALE), Catherine Grèze (Verts/ALE), Satu Hassi (Verts/ALE), Martin Haüsling (Verts/ALE), Ian Ituoghton (Verts/ALE), Yannick Jadot (Verts/ALE), Eva Joly (Verts/ALE), Evgeni Kirilov (S&D), Jean Lambert (Verts/ALE), Philippe Lamberts (Verts/ALE), Corinne Lepage (ALDE), Eva Lichtenberger (Verts/ALE), Barbara Lochbihler (Verts/ALE), Kartika Liotard (GUE/NGL), Ulrike Lunacek (Verts/ALE), Marisa Matias (GUE/NGL), Ana Miranda (Verts/ALE), Franz Obermayr (Non Inscrit), Georgios Papastamkos (PPE), Heide Rühle (Verts/ALE), Judith Sargentini (Verts/ALE), Richard Seeber (PPE), Carl Schlyter (Verts/ALE), Bart Staes (Verts/ALE), Keith Taylor (Verts/ALE), Claude Turmes (Verts/ALE), Indrek Tarand (Verts/ALE), Sabine Wils (GUE/NGL), Janusz Wojciechowski (CRE), Karim Zeribi (Verts/ALE)

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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