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Rapport sur la sécurité du nucléaire : ATTENTION DANGER !

06 Juil 2018

A la Une, Communiqués, Medias

Le rapport parlementaire sur la sécurité des centrales nucléaires françaises, remis jeudi 5 juillet au Président de l’Assemblée nationale François de Rugy pointe de lourds dysfonctionnements dans la filière nucléaire. Synthèse des travaux d’une commission d’enquête parlementaire qui s’est heurtée au secret défense pour réaliser ses travaux, le texte fait 33 propositions pour améliorer la sécurité du nucléaire.

Michèle Rivasi, députée européenne écologiste, co-fondatrice de la CRIIRAD, co-rapporteure au Parlement européen sur la gouvernance de l’énergie : Le rapport parlementaire pointe, et c’est heureux que cela émane de députés de la majorité même si cela fait longtemps que je le dis, divers problème lourds en matière de sécurité :

• L’important recours à la sous-traitance : »80% de la maintenance sur le gros matériel » est notamment confiée à des entreprises tierces par EDF, explique Jean-Christophe Niel, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, un organisme public.
• Des sites vieillissants : cela est une « menace pour la sûreté« . Greenpeace affirme avoir « découvert récemment que des tuyaux d’alimentation en eau de refroidissement étaient rouillés« . On connaît aussi les pièces utilisées dans la conception de centrales alors qu’elle n’étaient pas conformes aux normes fixées en amont comme pour les cuves de l’EPR.
• Une gestion des déchets sans solution : Le rapport soulève le problème du stockage dans des piscines si l’alimentation en eau froide de ces déchets est défaillante, c’est l’accident garanti. De même, est évoqué le fait que les parois des piscines sont vulnérables. « L’entreposage à sec semble plus sûr et moins cher« , estiment les députés. Cette solution est largement utilisée à l’étranger.

Le texte s’attaque au projet de stockage à long terme de déchets sous terre, sur le site de Bure (Meuse). Contesté par les écologistes, il présente, selon le rapport, des « risques en termes de sûreté » et « de sécurité« . Les députés encouragent à « poursuivre l’étude d’une autre solution« , le stockage en « subsurface », c’est-à-dire à une profondeur moindre.  Je partage bien sûr cette analyse.

• Une protection contre le terrorisme inadaptée : Greenpeace l’a démontré cette semaine en faisant s’écraser un drone contre la centrale du Bugey, le risque terroriste en matière du nucléaire est négligé.

Pour ma part, pour améliorer la sûreté et la sécurité nucléaire, je préconise :
une extension des compétences de l’ASN de la sûreté à la sécurité nucléaire également ;
une prohibition de la sous-traitance dans le domaine du nucléaire car elle implique une perte d’expertise et de savoir faire, utile en cas de failles de sécurité majeure ;
un calendrier de fermeture des centrales les plus vétustes et ayant le plus d’incidents

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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