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Pollution de l’air : Nous exigeons des mesures d’urgence

LA POLLUTION TUE !

JOURNEE NATIONALE DE LA QUALITE DE L’AIR
Nous exigeons des mesures d’urgence

Le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) montre que 9 personnes sur 10 respirent un air contenant des niveaux élevés de polluants. Les dernières estimations révèlent aussi que 7 millions de personnes meurent chaque année à cause de la pollution. C’est ainsi qu’un 1 décès sur 6 dans le monde est causé par la pollution.

En France 48 000 décès par an sont liés à la pollution de l’air. C’est la 3eme cause de mortalité (la pollution occasionne 10 fois plus de morts que les accidents de la route et coûte à la société 100 milliards par an).

Je partage aussi le dernier rapport de la Cour des comptes européenne (CCE) paru le 11 septembre sur la pollution de l’air et qui estime que « la santé des citoyens européens est insuffisamment protégée ». En effet, cette pollution tue prématurément chaque année 450 000 personnes dans l’UE. La CCE recommande une mise à jour de la directive sur la qualité de l’air de 2008 avec des normes qui datent de 15 à 20 ans. Il faut aligner les limites d’exposition quotidienne sur celles de l’OMS plus exigeantes (notamment pour les particules fines et ultra-fines). D’ailleurs les particules ultra-fines (PM2,5) ne font l’objet d’aucune limite d’exposition journalière alors que ce sont les plus dangereuses car elles pénètrent directement les voies respiratoires.

D’autre part, outre les imperfections de la directive sur la qualité de l’air, la CCE stigmatise aussi l’incapacité de l’UE à la faire respecter par les Etats membres.

Enfin, je partage la recommandation de la Cour de faire de la lutte contre la pollution de l’air une priorité de l’UE dans les politiques notamment de l’énergie, des transports, de l’industrie et de l’agriculture, alors que le budget des fonds consacrés à la qualité de l’air représente moins de 1% des fonds de cohésion de l’UE.

En France, nos dirigeants (à l’échelle gouvernementale et des territoires) doivent agir  pour faire face à la pandémie de maladies chroniques graves liées au facteur environnemental et à la pollution de l’air notamment.

Nous préconisons 7 leviers d’action pour mener une vraie politique de lutte contre la pollution de l’air. Il faut :

  • Développer les transports collectifs du quotidien en redéployant tous les crédits d’infrastructures routières sur cette priorité :
  • Interdire le transit des poids lourds dans les villes et les métropoles déjà sur-polluées et instaurer une taxe poids lourds pour inciter au report modal et mettre les marchandises sur des trains et des péniches ;
  • Ne plus investir un euro dans le routier (autoroutes urbaines, voies rapides, tunnels) ;
  • Lancer un plan de lutte contre la terrible pollution des paquebots dans les grands ports méditerranéens (Sète / Marseille / Toulon / Nice…) qui empoisonnent les riverains (un gros navire de croisière pouvant rejeter dans l’atmosphère l’équivalent d’un million de voitures) en exigeant leur raccordement électrique à quai ou leur passage au gaz naturel ; l’UE doit par ailleurs imposer la réglementation en zone ECA (qui impose des teneurs en soufre limitées à 0,1% prohibant l’usage de fioul lourd) pour tous les ports méditerranéens ECA. La Méditerranée doit jouir de la même réglementation qu’en mer du Nord, dans la Baltique et le long des côtes nord-américaines ;
  • Engager un plan de lutte contre les rejets industriels et l’effet cocktail des polluants sur la santé des riverains ; reconnaître les études épidémiologiques participatives engagées sur des territoires sur-industrialisés avec des populations sacrifiées (Fos EPSEAL / Index…) ;
  • Végétaliser les territoires urbains et métropolitains en replantant des arbres en ville, en végétalisant le patrimoine municipal, en développant les espaces verts en ville plutôt que de tout bétonner…
  • Revoir le paradigme de notre santé publique en passant d’une logique de soin, purement curative, à une logique de santé environnementale, plus axée sur la prévention et la prise en compte des risques en commençant par mieux informer les populations de la qualité de l’air et des comportements à adopter.

Il est temps de passer à l’action et de mettre au diapason nos paroles et nos actes !

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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