Perturbateurs endocriniens : le Parlement européen demande leur interdiction dans les cosmétiques, les jouets et les matériaux de contact avec les aliments

À l’initiative du groupe des Verts-ALE, la Parlement européen vient d’adopter une résolution appelant la Commission européenne à remédier d’urgence aux défaillances de la législation communautaire au sujet des perturbateurs endocriniens.

La résolution souligne que l’approche de la Commission européenne dans sa communication du 7 novembre 2018 ne permet pas d’atteindre les objectifs de protection de la santé humaine ni ceux du 7è programme d’action pour l’environnement. Les députés réclament l’interdiction des perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques, les jouets et les matériaux de contacts avec les aliments. Pour ces trois domaines directement concernés par les effets nocifs des perturbateurs endocriniens, (le cas du Bisphénol A n’étant qu’un des multiples exemples), celles-ci ne sont toujours pas encadrées par les législation en vigueur. Les députés considèrent que ces produits chimiques doivent être appréhendés de la même manière que les substances classées comme cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. Ils demandent également qu’ils soient traités de la même manière dans l’intégralité de la législation de l’UE.

Déclaration de Michèle RIVASI, membre de la Commission environnement et santé publique :

« Sur les perturbateurs endocriniens, la Commission européenne continue de tergiverser en dépit de la quantité de données scientifiques désormais disponibles et des carences avérées de la législation actuelle pour protéger les populations et l’environnement.

L’étude commandée et présentée le 2 avril par le Parlement européen* montre combien la réglementation actuelle est insuffisante dans le domaine des pesticides et des biocides. Elle déplore aussi l’inexistence d’un encadrement dans les législations eau potable,  jouets, cosmétiques et matériaux en contact avec les aliments.

Le Parlement ne peut se contenter de la proposition actuelle de la Commission européenne qui ne contient, par ailleurs, aucun plan d’action concret. Il réclame, notamment, l’intégration dans la législation des effets cumulatifs mais aussi cocktail pour ces substances chimiques dont la toxicité, contrairement à d’autres substances chimiques, n’est pas simplement liée au seuil d’exposition.

Les députés exigent également que, d’ici juin 2020, la Commission interdise les perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques, les jouets et les matériaux en contact avec les aliments.  L’absence de prise en compte des perturbateurs endocriniens dans les législations encadrant ces trois domaines est une véritable bombe à retardement.

Nous poursuivrons notre bataille dans le prochain Parlement pour que l’UE soit en mesure de garantir un environnement non toxique à tous ses citoyens. »

*Study Endocrine Disruptors:  from Scientific Evidence to Human Health Protection Policy http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2019/608866/IPOL_STU(2019)608866_EN.pdf


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Par Michèle Rivasi

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