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MORT DU PROJET DE GAZODUC STEP: VIVE LA TRANSITION ENERGETIQUE

Une victoire majeure pour les populations locales et pour le climat

Photo de Friends Of The Earth

Communiqué de presse

Bruxelles, le 23 janvier 2018 – Les régulateurs de l’énergie français et espagnol ont annoncé qu’ils refusent la construction de l’interconnexion gazière STEP (South Transit East Pyrenees) entre les deux pays, la première phase du gigantesque projet MidCat (Midi-Catalogne).Les activistes, ONG et communautés locales qui luttent contre ce projet inutile depuis des années ont aujourd’hui enfin raison.

Les régulateurs français (CRE) et espagnol (CNMC) ont rejeté le projet de gazoduc STEP, partie centrale du mégaprojet controversé «MidCat». Ils ont refusé son autorisation et son financement pour des raisons d’absence de nécessité et de coût élevé[1]. Leur décision tient compte des objectifs de la politique énergétique de l’UE « en accordant une attention particulière aux émissions de GES ». C’est une victoire majeure pour les militants et le climat!

L’abandon de STEP devrait logiquement impliquer celui de l’ensemble du projet MidCat (laissant de côté les autres tronçons du gazoduc déjà construits) et du projet d’interconnexion entre l’Espagne et le Portugal, ceux-ci n’ayant pas lieu d’être sans STEP. Ces trois projets ayant le statut de “Projet d’Intérêt Commun” (PIC) au niveau européen, cette décision met en doute la validité et la légitimité de critères utilisés par  la Commission européenne pour hiérarchiser les projets gaziers similaires de la liste PIC. Nous avions déjà questionné l’objectivité de ces critères lors de la fuite d’une étude officielle coûts-avantages estimant ce projet STEP financièrement non viable dans la plupart des scénarios[2].

La nouvelle arrive alors qu’une quatrième version de la liste des PIC est en cours de préparation par la Commission européenne, les États membres et les promoteurs de projets. Nous allons nous battre pour que tous les projets gaziers soient retirés de la liste, même si d’autresessayent de construire des gazoducs pour tirer les derniers profits d’un modèle destructeur et dépassé. L’industrie gazière devrait se rendre compte que nous ne pouvons pas continuer à faire couler des milliards d’euro des contribuables pour créer davantage de combustibles fossiles.

Ces projets gaziers sont totalement incompatibles avec le climat. Le gaz fossile n’est ni une énergie bas-carbone, ni une énergie de transition.  MidCat et son sous-ensemble STEP soulèvent de sérieux doutes en termes d’intérêt géopolitique, de sécurité d’approvisionnement et de viabilité économique. Outre ses impacts sur le climat, le projet menace divers espaces naturels, dont des zones Natura 2000 en Espagne, ainsi que diverses zones agricoles de part et d’autres. D’importantes ressources en eau – aussi bien pour l’irrigation de champs que pour la consommation humaine – seraient affectées, avec les risques pour la santé publique que cela comporte.

Cette décision est une victoire mais le combat continue. Sortons des énergies fossiles. Les PIC doivent refléter les intérêts des populations et non des lobbies. 

[1]https://www.cre.fr/Documents/Deliberations/Decision/Projet-d-interconnexion-gaziere-STEP

[2]http://www.michele-rivasi.eu/a-la-une/le-projet-step-est-purement-politique-et-ne-repose-sur-aucune-preuve-scientifique/

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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