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Moratoire sur le Photovoltaïque : Déni de Grenelle, le gouvernement est loin des réalités du terrain

28 Jan 2011

A la Une, Communiqués, Medias

 

Michèle Rivasi, députée européenne Europe Ecologie – Les Verts (EELV) du Grand Sud Est a rencontré jeudi 27 janvier Jean-Michel Charpin, inspecteur général des finances et animateur de la concertation sur l’avenir de la filière photovoltaïque.

Lors d’un entretien à bâtons rompus, Michèle Rivasi a défendu la filière photovoltaïque et un mix énergétique basé sur les énergies renouvelables tout en rappelant les contradictions du gouvernement :

« J’ai expliqué à Monsieur Charpin que les objectifs du gouvernement en matière d’énergie photovoltaïque sont incompatibles avec le développement d’une filière industrielle robuste en France. »

« M.Borloo avait annoncé un débat sur l’énergie solaire avant de changer la réglementation. Or on a fait l’inverse ! Il faut cesser la schizophrénie. D’un coté on dénigre la filière en se plaignant que les panneaux installés sont essentiellement chinois. De l’autre on laisse tomber les rares entreprises françaises de production de panneaux photovoltaïques à l’instar de Photowatt qui va supprimer plus de 300 emplois. C’est un non sens total ! »

L’eurodéputée EELV a évoqué avec M.Charpin les différents points clés de la concertation en cours, elle rapporte :

« Monsieur Charpin m’a dit vouloir sortir au plus vite du moratoire et être prêt à discuter sur les objectifs cibles pour 2020. Il m’a notamment annoncé que les toitures de grande surface ne seraient pas soumises à la procédure d’appel d’offre. »

Cependant le haut fonctionnaire s’est montré inflexible sur l’essentiel : « Le gouvernement ne changera pas de cap. Monsieur Charpin est peu sensible aux difficultés des professionnels. Le nucléaire reste un tabou et aucune réponse ne m’a été donnée lorsque j’ai défendu les propositions d’Hespul pour calculer autrement le coût des énergies. »

« Le gouvernement est déconnecté des réalités du terrain. Le manque de courage et d’ambition est patent. C’est la politique du court terme ! »

« La bataille n’est plus technique mais politique. Tout se joue maintenant à Matignon et à l’Elysée. J’appelle tous les défenseurs des énergies renouvelables à se mobiliser sur le plan politique directement auprès de Messieurs Fillon et Sarkozy. »

Crédit photo : groupe facebook Touche pas à mon panneau solaire (lien ici).

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3 Responses to “Moratoire sur le Photovoltaïque : Déni de Grenelle, le gouvernement est loin des réalités du terrain”

  1. fd31 dit :

    Bonsoir,
    Merci pour votre intérêt sur le sujet et votre implication. Maintenant que l’année 2010 est dernière nous il devrait être possible de disposer des statistiques sur les consommations 2010 et production ENR et voir si l’Etat, qui annonce que les objectifs de la PPI sont dépassés, a réussi à atteindre ceux de la première année. En matière de consommation électrique nous avons eu une croissance de plus de 5 % en une année … et sommes déjà au niveau de consommation prévu par le gouvernement … en 2016 ! Si le reste des prévisions de ce plan sont de la même veine nous aurons quitté cette planète avant d’atteindre les 23 % d’ENR.

  2. Valentin dit :

    Une petite étude utile pour montrer que le nucléaire n’est pas la solution pour produire de l’électricité.
    Si l’on compare la capacité ajoutée (MW) et surtout la production annuelle d’électricité ajoutée (MWh) des éoliennes mises en service avec celles des nouveaux réacteurs nucléaires, pour chaque année de 2011 à 2015 et au niveau mondial, on constate que l’éolien l’emporte largement.

    Plus modeste, le solaire photovoltaïque prend cependant dans le monde une importance que beaucoup ne soupçonnent pas.

    Comparaison détaillée : http://energeia.voila.net/electri/electri_compar_2015.htm

    Pour la période 2011-2015 :
    – capacité nouvelle 254.400 MW pouvant produire 624 TWh par an en éolien,
    – capacité nouvelle de 91.600 MW pouvant produire 96 TWh par an en solaire photovoltaïque,
    – capacité nouvelle de 57.200 MW pouvant produire 624 TWh par an en nucléaire (60 réacteurs).

    Et puisque le coût de production de l’électricité d’origine renouvelable devient plus compétitif chaque année, l’écart en faveur des énergies renouvelables ne fera que s’accentuer.

  3. Valentin dit :

    Rectificatif : c’est seulement 411 TWh pour le nucléaire.

    Une petite étude utile pour montrer que le nucléaire n’est pas la solution pour produire de l’électricité.
    Si l’on compare la capacité ajoutée (MW) et surtout la production annuelle d’électricité ajoutée (MWh) des éoliennes mises en service avec celles des nouveaux réacteurs nucléaires, pour chaque année de 2011 à 2015 et au niveau mondial, on constate que l’éolien l’emporte largement.

    Plus modeste, le solaire photovoltaïque prend cependant dans le monde une importance que beaucoup ne soupçonnent pas.

    Comparaison détaillée : http://energeia.voila.net/electri/electri_compar_2015.htm

    Pour la période 2011-2015 :
    – capacité nouvelle 254.400 MW pouvant produire 624 TWh par an en éolien,
    – capacité nouvelle de 91.600 MW pouvant produire 96 TWh par an en solaire photovoltaïque,
    – capacité nouvelle de 57.200 MW pouvant produire 411 TWh par an en nucléaire (60 réacteurs).

    Et puisque le coût de production de l’électricité d’origine renouvelable devient plus compétitif chaque année, l’écart en faveur des énergies renouvelables ne fera que s’accentuer.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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