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Le mythe d’un nucléaire sûr ne fait pas le poids face à un béton mité

31 Août 2011

A la Une, Communiqués, Medias

Le Canard Enchaîné nous apporte une fois de plus la preuve de l’arrogance de l’industrie nucléaire: sur le chantier de l’EPR de Flamanville, les scandales se suivent et ne se ressemblent pas, faisant du site une véritable zone de non-droit. Après le scandale en Juin 2011 des intérimaires sous-traitants polonais (1), l’Autorité de Sûreté Nucléaire s’indigne à nouveau de la piètre qualité d’un ouvrage supposé être le réacteur le plus sûr au monde. L’ASN dénonce les fissures dans la dalle de béton sous le réacteur, défaut qu’elle qualifie d’ « anomalie significative de sûreté ».

Michèle Rivasi et Yannick Jadot, députés européens Europe Ecologie – Les Verts, jugent avec sévérité cet énième rebondissement dans le chantier de l’EPR.

Pour Michèle RIVASI, les faits parlent d’eux-mêmes: « Ces révélations arrivent deux jours après que le Premier Ministre F. Fillon nous annonce à Bugey que la France conservait une avance technologique dans le domaine nucléaire. Les failles dans la construction de l’EPR ne sont pas nouvelles, et EDF comme Areva mettent des bâtons dans les roues de l’ASN en permanence, allant jusqu’à refuser de transmettre des documents nécessaires à l’exercice de la mission de contrôle et de surveillance de l’ASN. Comment ne pas s’indigner de telles provocations alors que les Français attendent un renforcement des normes de sûreté? Comment juger crédible des acteurs dont on dévoile chaque jour les pratiques scandaleuses, grappillant des euros pour le bonheur d’actionnaires avides de rentabilité, et ce au détriment de la sûreté? Ces pratiques sont scandaleuses et doivent être lourdement sanctionnées. »

Pour Yannick Jadot, cette révélation confirme la faillite industrielle de l’EPR et la nécessité de réorienter nos investissements énergétiques : « Le gouvernement et l’industrie nucléaire sont empêtrés dans une faillite industrielle annoncée qui nous coûte toujours plus cher. Cet énième défaut de construction remet en cause la pérennité du chantier en tant que tel. En effet, l’ASN devrait demander la destruction de la dalle de béton. Les défauts de construction s’ajoutent aux défauts d’architecture et de sûreté déjà révélés par les autorités françaises, britanniques et finlandaises de sûreté nucléaire. Les délais et les corrections se paient en milliards d’euros. Le gouvernement doit stopper cette gabegie, acter l’arrêt du chantier de Flamanville et investir sur les économies d’énergie et dans l’industrie des énergies renouvelables à l’instar de nos voisins. C’est aussi la seule réponse sérieuse à l’explosion de la facture énergétique des ménages et une contribution ô combien utile, avec plusieurs centaines de milliers d’emplois, à la résolution du chômage. »

(1) Europe Ecologie – Les Verts avait d’ailleurs dénoncé ces pratiques lors d’une conférence de presse au Parlement européen le 6 juillet dernier. Pour en savoir plus: http://www.michele-rivasi.eu/au-parlement/les-verts-solidaires-des-ouvriers-du-chantier-de-lepr-de-flamanville/

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