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Le Commissaire européen à l’énergie persiste, comme Sarkozy, dans le mythe de la sécurité nucléaire

 

Le Commissaire européen à l’énergie, comme le président Sarkozy et son gouvernement, persistent dans le mythe de la sécurité nucléaire

 

 

Bruxelles, le 15 mars 2011 – Yannick Jadot et Michèle Rivasi, députés européens Europe Ecologie -les Verts, membres de la Commission Energie du Parlement européen réagisent aux dernières déclarations du Premier ministre à l’Assemblée nationale, et du Commissaire européen à l’énergie Günther Oettinger ce mardi 15 mars.

 

« Nous vivons un moment d’une extrême gravité et nos pensées vont toutes entières au peuple japonais qui, après les destructions massives du tremblement de terre et du tsunami, font désormais face à ce qui devient une catastrophe nucléaire. Le groupe Verts du Parlement européen a d’ailleurs demandé à la Commission européenne et au Conseil de répondre avec diligence à toutes les demandes d’aide qui pourraient venir du Japon.

Cette catastrophe démontre malheureusement que, même dans un pays réputé sûr, le risque nucléaire n’est pas maitrisable et qu’il peut devenir absolument dramatique. C’est la conclusion qu’en tirent avec responsabilité certains gouvernements, la Suisse et surtout l’Allemagne qui ferme, au moins provisoirement, sept centrales nucléaires.

 

Sans surprise, le Commissaire européen à l’énergie, Günther Oettinger, après avoir consulté les industries nucléaires et en accord avec elles, a seulement proposé des tests de sûreté sur les centrales européennes, dont les résultats ne seront connus qu’en fin d’année. Il est inadmissible que les citoyens européens n’aient aucune information avant de nombreux mois.

 A l’image du président Sarkozy et de son gouvernement, retranchés en cellule de communication de crise de l’industrie nucléaire, ces dirigeants confirment un entêtement incompréhensible. Le renforcement de la sureté des installations nucléaires et la transparence sont indispensables. C’est notre exigence depuis de nombreuses années. Mais elles ne répondent pas à l’enjeu puisque le risque nucléaire est maintenu. Notre objectif est l’élimination d’un risque inacceptable et inutile, provenant parfois de phénomènes, parfois d’erreurs humaines et techniques comme pour Three Miles Island et Tchernobyl.

Le groupe Verts au Parlement européen demande donc l’arrêt immédiat des réacteurs nucléaires les plus dangereux et l’engagement tout aussi rapide d’un processus coordonné et progressif de sortie du nucléaire. 

En France, le gouvernement doit immédiatement stopper la centrale de Fessenheim, particulièrement risquée, et suspendre la construction de l’EPR de Flamanville. Il doit s’engager sur une sortie progressive du nucléaire, à commencer par l’arrêt des centrales les plus anciennes ou en zones sismique ou inondable.

En parallèle, il doit revenir sur ses décisions anti-éolien et anti-photovoltaïque de ces derniers mois, lancer la seconde phase du projet éolien en mer, et investir enfin massivement dans l’isolation des logements de nos concitoyens. Il y a une stratégie énergétique sans risque : celle basée sur les économies d’énergie et les renouvelables. 

Enfin, devant la gravité de la situation, les Français ne pourraient se satisfaire d’un débat sur l’énergie à l’Assemblée nationale ou entre experts : ils doivent y être directement associés via un réferendum. »

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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