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« L’ASN a-t-elle le choix de dire NON ? »

Cuve de l’EPR de Flamanville :

« L’ASN a-t-elle le choix de dire NON ? »

Communiqué de presse de Michèle RIvasi

27 juin 2017

 

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ne rendra public que dans les jours prochains l’avis du groupe d’experts consulté cette semaine qui a donné son avis sur la résistance de la cuve malgré ses défauts de fabrication, détectés fin 2014 par son fabricant Areva.

Pour se prononcer, les 31 experts (société civile, représentants des industriels, chercheurs, etc.) ont notamment étudié un rapport technique rédigé par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Selon ce rapport, que l’AFP a pu consulter, l’inquiétude majeure réside dans le couvercle de la cuve, alors que l’aptitude du fond n’est pas totalement remise en cause. Selon Reuters, ce groupe aurait conclu à l’aptitude au service de l’équipement, mais les experts auraient toutefois relevé qu’EDF risquait de devoir remplacer rapidement le couvercle de la cuve une fois l’EPR mis en service. L’ASN va maintenant délibérer sa décision provisoire qui sera soumise à la consultation du public cet été, avant la remise en septembre de sa décision concernant l’autorisation définitive de l’utilisation de la cuve défectueuse de l’EPR de Flamanville. Selon les fuites parues dans la presse, l’ASN envisage de donner son feu vert à l’utilisation de la cuve sous réserve qu’une surveillance régulière soit effectuée.

 

Réaction de Michèle Rivasi, députée européenne du groupe des Verts :

 « L’ASN ne doit pas faire passer les intérêts des industriels avant la protection des populations ! Si l’ASN accepte de valider cette cuve sans changement du couvercle avant le démarrage de l’EPR, cela montrerait que le gendarme du nucléaire ménage les intérêts à court terme d’une industrie en déclin. En effet, EDF et Areva tentent à tout prix que le démarrage de l’EPR de Flamanville ne soit pas reporté, car le démarrage de l’EPR de Flamanville avant 2020 est une condition dans le contrat d’Hinkley Point C et la Commission européenne a fait de l’avis positif de l’ASN une condition suspensive à son feu vert à l’augmentation de capital de 4,5 milliards d’euros engagée par l’Etat français. Je me demande si l’ASN a le choix de dire non ?»

Elle ajoute : « En matière de sûreté nucléaire, on ne peut pas prendre de demi-mesures, il n’y qu’une seule réponse : la cuve et le couvercle doivent être rejetés ! Dans le cas contraire l’ASN va reporter le problème et augmenter les risques : comment les contrôles nécessaires vont-ils être assurés ? Est-ce qu’EDF est en mesure de le faire? Et que va-t-il advenir du couvercle radioactif ? »

Michèle Rivasi conclut : « Avant de se presser pour répondre aux enjeux financiers d’EDF et AREVA, nous devons nous concentrer sur une transparence totale de ce dossier. Areva et Edf doivent rendre des comptes  sur la quasi-absence d’informations précises sur les graves problèmes qui affectent la cuve de l’EPR de Flamanville et également les générateurs de vapeur. Je demande  que tous les documents soient publiques : tant les réponses d’Areva et d’EdF aux courriers de l’ASN, que la publication des scénarios alternatifs au cas où la cuve n’était pas bonne pour le service et les résultats des essais sur la résistance de la cuve.

«  Il faut continuer à garder un œil sur l’affaire du Creusot qui est une affaire européenne. De nombreuses pièces produites depuis 1965 dans l’usine Creusot ont été exportées en Europe et dans le reste du monde. En janvier dernier, j’ai alerté les autorités nationales de sûreté et certains pays ne m’ont toujours pas répondu comme la Suède et l’Espagne qui possèdent vraisemblablement des centrales nucléaires utilisant des pièces défectueuses[1] ».

[1] Un retour sur les lettres envoyées aux autorités de sûreté nucléaire suite à la découverte de pièces défectueuses originaires de l’usine du Creusot est disponible sur : http://www.michele-rivasi.eu/medias/communiques/retour-sur-les-lettres-envoyees-aux-autorites-de-surete-nucleaire-suite-a-la-decouverte-de-pieces-defectueuses-originaires-de-lusine-du-creusot/

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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