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La Commission européenne doit s’opposer aux rejets d’eau radioactive dans le Pacifique !

Communiqué de presse
24 juillet 2017

Takashi Kawamura, le président de Tokyo Electric Power Company (Tepco), exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima et en charge de son démantèlement, a annoncé à plusieurs médias japonais, dont l’agence de presse Kyodo, être prêt à rejeter 770 000 tonnes d’eau radioactive contaminée au tritium dans l’océan Pacifique. Tepco attend pour cela le feu vert du gouvernement japonais.

Après l’annonce de la diminution des contrôles radioactifs des aliments provenant du Japon, Michèle Rivasi, députée européenne et spécialiste des questions nucléaire, réagit à ces déclarations japonaises irresponsables, particulièrement dangereuses pour l’environnement :

« Depuis l’accident nucléaire de mars 2011 de Fukushima, Tepco a du stocker 770 000 tonnes d’eau radioactive dans plus de 580 réservoirs répartis sur le site. Pourquoi ? Parce que depuis plus de six ans que la catastrophe a eut lieu, l’entreprise injecte 350 tonnes d’eau par jour dans trois des six réacteurs de la centrale pour les refroidir en permanence. »

« Un dispositif de traitement de l’eau contaminée a été installé sur le site, permettant de traiter 62 types d’éléments radioactifs. Mais il ne fonctionne pas avec le tritium, une variante lourde et très radioactive de l’hydrogène dont la demi-vie est de 12,3 ans. »

« Selon Kyodo, le gouvernement devrait facilement donner son accord à l’annonce de Tepco. L’an passé, après une étude évaluant les différentes options, le ministère japonais de l’Industrie a estimé que le rejet en mer était la solution la plus rapide et la moins onéreuse pour se débarrasser de l’eau chargée en tritium stockée sur le site de Fukushima. »

« En clair, pour pallier à l’absence de solution de traitement du tritium et faire suite aux nombreuses alertes de fuites d’eau radioactive observées près des réservoirs de stockage, les autorités japonaises envisagent de vider directement les cuves d’eau radioactive dans l’Ocean Pacifique, au large des côtes, sans se préoccuper des conséquences sur la vie marine ni sur la diffusion du tritium par les courants marins. »

LA DILUTION N’EST PAS UNE SOLUTION !

« Une telle décision est à la fois aberrante et inacceptable. Inacceptable, car elle repose sur un dogme qui arrange les industries du nucléaire : celui que la radioactivité se dilue sans risque dans l’océan. Toutes les études d’exposition à de très faibles doses radioactives montrent que cette croyance est erronée. Cette décision est aussi aberrante parce qu’à aucun moment, les questions de la protection des écosystèmes naturels et des possibles conséquences à long terme de toutes ces quantités de tritium à venir ne sont prises en compte. Ni celles des autres éléments radioactifs comme le césium 137, le strontium ou l’américium, qui sont aussi présents dans ces eaux. C’est pourtant bien l’évidente dangerosité de cette eau radioactive qui a obligé Tepco à la stocker toutes ces années pour éviter des fuites ou des rejets dans la mer. »

« Encore une fois, la filière du nucléaire nous fait marcher sur la tête », insiste Michèle Rivasi. « Dans le cadre des négociations restants en cours sur le traité de libre-échange entre le Japon et l’Union Européenne, je demande à Mr Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission Européenne, de peser de tout son poids sur le gouvernement japonais pour revenir sur cette décision délétère et dont la mise en œuvre ne fera que renforcer la lente contamination radioactive des eaux de l’Océan Pacifique… et à travers elles de tous les océans du monde. Cette décision nous concerne tous, nous devons nous y opposer. »

Signez la petition « Dites au gouvernement japonais de bloquer le déversement d’eaux usées radioactives dans l’océan! »: https://actions.sumofus.org/a/le-japon-s-apprete-a-donner-le-feu-vert-pour-que-des-tonnes-d-eau-radioactive-soient-deversees-dans-l-ocean-pacifique/?akid=33004.4892939.h14Q9C&rd=1&source=fwd&t=3

 

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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