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« L’Europe se met au service des territoires »

Pour Michèle Rivasi, « l’Union Européenne comme les régions doivent être des lieux de travail pour une gouvernance différente, innovante et plus proche des citoyens. »

L’Europe et les régions ont un lien direct très fort grâce aux financements européens pour des projets locaux ambitieux. A l’occasion de la fête de l’Europe, Michèle Rivasi, députée européenne, nous livre sa vision d’une politique écologique cohérente, de la Région Rhône-Alpes au Parlement européen.

L’Union européenne peut nous paraître lointaine. Pourtant, elle est partout dans notre quotidien. Certains la désignent comme le bouc émissaire responsable de nombreux maux. Pourtant, elle apporte des outils innovants pour le développement des régions : étiquetage des aliments, mise sur le marché des médicaments,  protection de l’air et de l’eau, lutte contre le changement climatique, appellation d’origine protégée…

Femme de terrain, j’ai œuvré en Rhône-Alpes notamment à la création en 1986 de la Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité (CRIIRAD) après la catastrophe de Tchernobyl. Je suis aussi conseillère municipale à Valence, déléguée aux financements européens. Une fois élue députée européenne, je souhaite garder ce lien fort avec ma région.

En Rhône-Alpes, lors des élections européennes et régionales, le score d’Europe Ecologie-Les Verts a été l’un des plus élevés de France ! C’est sur ces vagues de succès que nous avons souhaité œuvrer de façon complémentaire pour mettre en place, à différents échelons territoriaux, nos idées et notre programme écologiste. Nous cherchons ainsi à faire évoluer le modèle européen, aujourd’hui, plus « intergouvernemental » que fédéraliste.

Tout en réformant la PAC, l’Europe permet le financement de la conversion biologique des parcelles agricoles en région avec le Fonds européen Agricole pour le développement rural, comme par exemple la ferme de Ventabren en Drôme ou la ferme des Clarines dans la Loire. Cela va dans le sens de la politique régionale en faveur du bio, encouragé ici par les conseillers écologistes.

Tout en proclamant le principe de l’efficacité énergétique des bâtiments et la création d’un fonds spécial prévu à cet effet, les régions le mettent en œuvre concrètement avec les fonds européens, et dans la logique d’une politique écologique ambitieuse. Ainsi, le quartier Confluence à Lyon, véritable quartier durable, est financé par l’UE, dans le cadre d’un projet transnational. C’est aussi le cas de l’office HLM de Romans pour l’efficacité énergétique des bâtiments, ce qui permettra de baisser la facture des foyers modestes.

L’Europe, pour moi, doit être là pour protéger les citoyens. C’est le cas lorsque les eurodéputés écologistes demandent des tests de résistance indépendants des centrales nucléaires européennes. En Rhône Alpes, région la plus nucléarisée d’Europe, Alexandra Cusey, Eric Piolle et moi avons demandé au préfet une conférence régionale avec toutes les organisations citoyennes sur la sûreté nucléaire.

Quand je développe un projet européen d’assistance sanitaire et alimentaire aux populations vivant dans les territoires contaminés autour de Tchernobyl, les élus écologistes poussent la région Rhône Alpes à s’engager financièrement dans ce projet.

L’UE permet aussi à la région Rhône Alpes de développer son infrastructure de transport. Elle met en œuvre la multimodalité entre fret ferroviaire et fluvial. Elle encourage aussi les modes de transports doux pour les voyageurs grâce au Fonds Européen  de Développement Régional (FEDER).

J’œuvre aussi pour mettre en place une association spécialisée qui aide les petits porteurs de projet dans leur montage de projet pour obtenir des financements européens. Les financements prévus par le Fonds Social Européen (FSE) m’ont permis d’obtenir un poste de formation pour les détenus dans la prison de Valence.

Enfin, le FSE et le FEDER peuvent se concilier sur des projets ambitieux de développement du logement social avec une performance énergétique dans les quartiers défavorisés, tout en y favorisant la mise en place de structures d’aide sociale.

Tous ces exemples  montrent bien l’articulation pertinente des idées écologistes que portent les élus à différents niveaux de territoires. Toutefois, il faut encore faire évoluer l’Europe pour qu’elle soit beaucoup plus sociale et solidaire. J’ai choisi d’intégrer les institutions européennes pour la faire évoluer, à mon niveau.

C’est pour toutes ces raisons, que l’UE comme les régions doivent être le lieu de travail pour une gouvernance différente, innovante et plus proche des citoyens. Nous voulons susciter un sentiment de citoyenneté européenne porteuse d’avenir avec le bien commun comme horizon.

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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