A A

Industrie chimique / Infraction à la législation : Un remake du Dieselgate

Industrie chimique / Infraction à la législation : Un remake du Dieselgate

Pendant des années, les entreprises chimiques ont pu commercialiser des centaines de produits sans avoir préalablement fourni aux autorités compétentes des données règlementaires quant à leur toxicité, leurs conséquences sur la fertilité ou le développement neurologique …

Près d’un tiers des produits chimiques présents sur le marché de l’UE depuis 2010 sont potentiellement dangereux pour la santé humaine et en infraction avec la législation européenne. 31% seulement sont conformes à la règlementation REACH. Quant au dernier tiers, il doit encore faire l’objet d’une investigation approfondie.

Ces résultats alarmants ont été établis par l’enquête détaillée menée sur 3 années par l’UBA (l’agence fédérale allemande pour l’environnement) et le Bfr (l’institut fédéral allemand d’évaluation des risques, entre autres remis en cause dans son évaluation des risques liés au glyphosate). Elle a été présentée lors d’un atelier en août dernier et annoncée le 25 septembre.

Ce vendredi 12 octobre, le bureau européen de l’environnement (EEB) tire la sonnette d’alarme sur ce rapport passé inaperçu.

Déclaration de Michèle RIVASI, coordinatrice la Commission PEST, membre de la Commission santé et environnement :

« Défaillance généralisée des pouvoirs publics et manquements graves à leurs obligations face à une industrie de gangsters, voilà en substance les ingrédients de ce nouveau scandale qui s’apparente à un remake du Dieselgate pour l’industrie chimique.

La facilité avec laquelle cette industrie a pu commercialiser ses produits en s’affranchissant des lois est déconcertante. Une fois de plus, il semblerait que la Commission européenne, les États membres mais aussi l’ECHA, aient fait preuve, au minimum, de légèreté face à une situation alarmante et qu’ils n’aient pas été en mesure d’assurer le respect de la législation ni, a fortiori la protection des citoyens.

Nous connaissons tous aujourd’hui les conséquences désastreuses sur la santé de l’exposition aux produits chimiques : cancers, dérèglement du système hormonal, maladies respiratoires, problèmes de fertilité, retards de développement… Ne pas agir ni sanctionner serait criminel. Nous ne pouvons continuer à accepter que la loi soit systématiquement considérée comme une « charge administrative » entravant la compétitivité. Cette mythologie est intenable. Non seulement elle ne protège pas les Européens ni notre environnement mais elle nuit de surcroît au dynamisme économique et à l’innovation. »

* le règlement “Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals “ est entré en vigueur le 1er juin 2007

Articles similaires :

Tags: ,

Leave a Reply

Bienvenue !

Bienvenue sur le site de Michèle Rivasi.


Twitter FaceBook Flux RSS

Rechercher :

Dernière vidéo :
  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    Articles similaires :

Ad Ad

Suivez-moi sur Facebook!

Associations

Archives