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HULOT ENTERRE LA LOI DE TRANSITION ENERGETIQUE : qu’il s’en aille !

COMMUNIQUE DE PRESSE

Mercredi 8 novembre 2017

Michèle RIVASI, députée européenne écologiste, co-fondatrice de la CRIIRAD

A la sortie du Conseil des ministres hier, le Ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a annoncé qu’il serait « difficile de tenir le calendrier » prévu par la loi de réduire la part du nucléaire à 50 % d’ici 2025 comme le prévoit la loi votée en 2014 sur la transition énergétique. Il argue, à l’instar des tenants du « tout nucléaire » d’un risque d’augmentation des émissions de CO2.

La baisse de la part du nucléaire à 50 % du mix énergétique d’ici 2025 (contre 75 % aujourd’hui), était un objectif inscrit dans la loi sur la transition énergétique et confirmé par Emmanuel Macron durant sa campagne présidentielle le 5 mai.

En juillet dernier, le ministre de la Transition écologique et solidaire avait même estimé que cette réduction de la part du nucléaire reviendrait à fermer « peut-être jusqu’à 17 réacteurs ».

Ce reniement, en pleine COP 23 à Bonn, est scandaleux. Cela signifie, sous couvert de réalisme (ce « bon sens des salauds » dont parlait Paul Valéry), une absence de programmation pluri-annuelle de l’énergie avec un calendrier de fermeture des centrales. Nicolas Hulot a par cette décision capitulé dans le pilotage de la transition énergétique. Il est aujourd’hui otage d’un gouvernement de régression sociale qui balaie l’urgence écologique et victime du « syndrome de Stockholm » (l’image de son point presse d’hier est révélateur de cela).

Pourtant, comme l’a bien montré Négawatt dans ses scénarios de sortie des énergies fossiles et du nucléaire l’objectif de réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50% d’ici 2025 sans hausse des gaz à effet de serre est possible par une politique volontariste de maîtrise de la consommation énergétique et le développement accéléré des énergies renouvelables.

Alors que nous aurions pu penser lors de son entrée au gouvernement que Nicolas Hulot tiendrait la barre ferme jusqu’au débat budgétaire de cet automne et que l’épreuve de vérité, quant à son maintien au long cours au sein de ce gouvernement, serait l’introduction ou non d’une fiscalité plus écologique dans le droit français, il apparaît que les couleuvres avalées sont de plus en plus grosses.

Des 4 milliards d’euros donnés par l’Etat  à Areva pour sauver de la faillite annoncée la filière nucléaire, à la suppression des aides au maintien de l’agriculture biologique, en passant par la prolongation d’un permis d’exploration d’hydrocarbures en Guyane, l’acceptation du CETA (accord UE / Canada), la démission sur la réglementation européenne relative aux perturbateurs endocriniens, l’appel juridictionnel émis contre un projet de centrale biomasse démesuré et menaçant la forêt méditerranéenne à Gardanne, la frilosité sur les rejets de boues rouges terrestres et maritimes d’Altéo… Et maintenant pour couronner le tout, le rétropédalage – trahison sur la sortie programmée du nucléaire.

Cet échec n’est malheureusement pas le sien mais le notre à tous écologistes. C’est aussi l’amer constat que seul, malgré son talent et sa foi de converti à l’écologie, on ne peut réorienter un modèle libéral-productiviste et la technostructure qui l’accompagne.

Je conseillerai à Nicolas Hulot de quitter ce gouvernement qui ne fait qu’utiliser son image tout en écornant sa crédibilité dans le domaine de l’écologie qu’il a tant aidé à rendre audible au grand public quand il était en périphérie du pouvoir.

Il ne faut rien attendre de bon de ce gouvernement en matière de transition écologique avec à sa tête un ex-VRP d’AREVA.

Tristesse du présent …

 

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

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