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Exposition aux pesticides : nos cheveux témoignent de notre contamination globale aux résidus de pesticides

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le 7 novembre 2018

Michèle Rivasi (eurodéputée EELV, agrégée et normalienne en biologie, coordinatrice de la Commission Pest et administratrice de l’ONG Justice Pesticides)

Exposition aux pesticides : nos cheveux témoignent de notre contamination globale aux résidus de pesticides

Les pesticides sont omniprésents dans notre environnement et notre nourriture. Après avoir montré combien nous étions tous intoxiqués au glyphosate, les écologistes du Parlement Européen ont lancé une campagne de mesure de l’exposition humaine à grande échelle sur une sélection de 30 pesticides, signalés comme perturbateurs du système endocrinien, parmi la population de l’UE.

Entre fin juillet et octobre 2018, 148 échantillons de cheveux ont été prélevés dans 6 pays de l’UE : Allemagne, Danemark, Royaume-Uni (Pays de Galles), Italie, France et Belgique. Les échantillons ont été analysés afin de rechercher la présence de l’un ou l’autre d’une liste de 30 pesticides comprenant des insecticides, des fongicides et des herbicides.

Résultat : deux européens sur trois, en moyenne, sont contaminés par au moins un ou plusieurs des 30 résidus de pesticides mesurés. Les enfants et les adolescents (10-20 ans) sont les plus exposés (73,7% de cette catégorie d’âge). Tous les pesticides détectés sont des perturbateurs endocriniens (selon les classifications de l’UE, de l’EPA américaine ou du Pesticides Action Network).

Déclaration de Michèle RIVASI, membre de la Commission Santé et Environnement :

« Ces premiers résultats, car nous n’avons mesuré que 150 personnes en Europe dont 25 personnes en France, donne une idée de l’étendue de notre contamination. On voit que la contamination est globale. Nul n’est épargné. Et des pesticides interdits persistent dans notre quotidien. C’est d’autant plus grave que ces pesticides sont tous des perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés.

L’autre enseignement est que notre exposition aux pesticides ne se fait pas que par voie alimentaire : elles passent par des traitements et colliers anti-puces ou anti-tiques de nos animaux familiers dans le cas du Fipronil, interdit en tant que pesticide mais qui reste le plus fréquemment trouvée dans les cheveux en France. La contamination passe aussi par les traitements conservateurs du bois pour l’insecticide Perméthrine par exemple. Les sources d’expositions sont multiples, même pour celles et ceux qui pensent s’en prémunir en soignant leur alimentation. La contamination de notre environnement dépasse le simple cadre de notre assiette.

Cette contamination globale montre bien que notre réglementation est insuffisante. Elle ne protège pas les citoyens. Pire, l’effet cocktail des réglementations incohérentes, avec des législations qui à la fois interdisent l’usage comme pesticide mais autorisent la même substance en tant que biocide, s’avère tout aussi inefficace pour nous protéger. Une remise à plat, réelle et complète, de la réglementation Pesticides est indispensable pour redonner confiance dans l’Europe qui protège»

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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