EPR: la fin annoncée de l’industrie nucléaire

Après les nombreuses alertes des écologistes, le rapport Folz de 2019, la Cour des comptes est sans appel sur le fiasco de la filière EPR dans son rapport publié ce 9 juillet 2020: “échec opérationnel”, “dérives de coûts”, “délais considérables”, “un EPR optimisé à confirmer“.

Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée au groupe des Verts:

“Le principal constat du rapport concerne le coût total du chantier de Flamanville: si l’on prend en compte tous les coûts complémentaires, le réacteur EPR de Flamanville pourrait coûter plus de 19 milliards d’euros, la facture initiale de 2006 devait pourtant s’élever à seulement 3,3 milliards… En outre, l’EPR de Flamanville accuse déjà plus de 10 ans de retard dû aux malfaçons, problèmes de compétences et 4500 modifications faites sur la conception de l’EPR.

Ce surcoût va se répercuter sur le coût de l’électricité qui va être 3 à 4 fois plus cher que ce que nous a vendu EDF en 2004. Ces surcoûts nous montrent qu’il n’y a pas de rentabilité dans  la filière nucléaire. Ils vont surtout peser sur le contribuable qui a déjà consacré 7,5 milliards d’euros pour sauver l’industrie nucléaire en 2016: 3 milliards d’augmentation de capital d’EDF, 2,5 milliards pour renflouer l’actuel Orano et encore 2 milliards pour recapitaliser Areva.

Il est évident que si ces chiffres avaient été annoncés à l’époque, la décision de construire l’EPR de Flamanville n’aurait jamais été prise.

La filière EPR est une industrie à la dérive. La  Cour des Comptes rappelle que “compte tenu de leur durée de construction, de production et de démantèlement, la décision de construire ou non de futurs EPR aura des conséquences jusqu’au XXIIe siècle” et qu’ “il demeure une incertitude sur la capacité de la filière nucléaire à construire de nouveaux réacteurs électronucléaires dans des délais et pour un coût qui demeurent acceptables”. En effet, tous les exemples EPRs font le même bilan en présentant retards et surcoûts considérables. En Chine, les réacteurs de Taishan ont eu 5 ans de retard et présentent un surcoût de 60%. En Finlande, le réacteur d’Olkiluoto 3 a quadruplé et n’a toujours pas démarré. Au Royaume-Uni, les retards d’Hinkley Point engendrent un surcoût de 3 milliards de livres sterling.

Dans ces conditions, il est vraiment temps de se concentrer sur la transition énergétique. Arrêtons les surcoûts pour les contribuables et les freins au développement d’énergies propres, sûres et durables. N’augmentons pas la montagne ingérable de déchets nucléaire et les risques sanitaires et environnementales inutiles. 

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Par Michèle Rivasi

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