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COUCHES-CULOTTES TOXIQUES : METTONS SANS DELAIS LES INDUSTRIELS FACE A LEURS RESPONSABILITES !

24 Jan 2019

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Communiqué de presse

COUCHES-CULOTTES TOXIQUES
METTONS SANS DELAIS LES INDUSTRIELS FACE A LEURS RESPONSABILITES !

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) vient de rendre un rapport analysant 23 modèles de couches-culottes les plus utilisés en France. Conclusions de ce rapport cuisant : des traces de glyphosate et de trois autres pesticides interdits au sein de l’Union Européenne, et des dépassements des seuils sanitaires pour d’autres substances chimiques telles que les PCB, les dioxines, les furanes, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Autant d’expositions causes d’allergies cutanées, d’affections du foie, de dérèglement reproductif, de cancers… Michèle Rivasi, députée européenne EELV à la pointe des questions de santé publique et environnementale, commente ce rapport de l’ANSES et les premières annonces du gouvernement.

Ce rapport est explosif. L’effet cocktail qu’il dénonce est doublement scandaleux. Comment premièrement les fabricants peuvent-ils exposer les plus jeunes à ce type de substances ? Quels sont leurs process de production ? D’où proviennent leurs matières premières ? Où sont les mesures et les tests qualité ? Ensuite, cela fait deux ans que l’on tire la sonnette d’alarme, et l’on dirait que rien n’est fait, rien ne bouge. C’est comme pour le climat, l’inaction sanitaire nous empoisonne par petites doses. La qualité et la clarté du rapport de l’ANSES sont indéniables. Mais signalons toute de même que, malgré les alertes de 60 Millions de Consommateurs en 2017 et 2018, il a fallu deux ans à l’ANSES pour nous livrer ce rapport de janvier 2019. Pour les familles et les enfants exposés, ce temps de l’expertise se révèle bien trop long et très difficile à comprendre.

PUBLIER LES MARQUES TOXIQUES
ET CORRIGER PAR ORDONNANCE UNE REGLEMENTATION DEFAILLANTE ?

Ce n’est pas la première fois que les produits d’hygiène sont mis en cause. En 2017, lorsque la toxicité des tampons féminins a été dénoncé, j’ai interpellé la Commission sur la présence de substances chimiques dangereuses dans ces produits d’hygiène intime mais de consommation de masse. Au plan européen, la réponse est claire : si un produit d’hygiène pose un risque sanitaire du fait de la présence d’autres substances chimiques, c’est aux autorités nationales de surveillance du marché de prendre des mesures pour faire appliquer l’obligation générale de sécurité prévue par la Directive 2001/95/CE (relative à la sécurité générale des produits). Il n’y a pas à ce jour d’harmonisation européenne pour protéger la santé des bébés. Il n’y a pas non plus d’obligation d’étiquetage permettant de connaitre la composition de ces produits de consommation courante. La Commission européenne doit corriger ces failles et imposer aux industriels un étiquetage complet, conforme à une information des consommateurs sur la sécurité sanitaire des produits.

Le gouvernement a convoqué les fabricants qui doivent prendre des engagements d’ici 15 jours. Tres bien ! Mais pour les premiers concernés, les familles et leurs jeunes enfants, que fait-on ? Le dossier est sur la table du ministère de la santé depuis janvier 2017. Et rien n’a changé. Nous devons exiger que le gouvernement publie immédiatement les noms des fabricants et des marques testés par l’ANSES. Il est inadmissible de garder ces informations confidentielles. Ce sera alors aux consommateurs de juger. Il faut aussi réglementer sans attendre puisque le cadre européen laisse ce pouvoir aux états membres… Qu’attends donc le gouvernement ou la ministre de la santé pour produire des ordonnances pour réformer la réglementation sanitaire ? Ne rien faire, c’est être complice de cet empoisonnement en douceur.

Il faudra sanctionner les industriels responsables, avec des amendes ou des condamnations réellement dissuasives. On ne condamne jamais les responsables, ce qui crée un climat d’impunité délétère, admettant toutes les dérives. Je le vois dans tant d’autres domaines, liés à la santé ou non : le mediator, les implants médicaux, la fraude aux émissions diesel, la marche des cobayes ou encore les rejets des boues rouges en méditerranée. L’argent, c’est le nerf de la guerre. Les grands groupes nous parlent de responsabilité sociétale, mais au fond c’est de l’enfumage. Ces firmes ne comprennent que cela : des rapports de force et des amendes records qui permettent, pour un temps du moins, de marquer des limites que la société considère comme infranchissables. Il nous faut donc nous préparer à des actions en justice pour obtenir gain de cause.

 

En savoir plus :

Rapport de l’ANSES sur les couches-culottes : https://www.anses.fr/fr/system/files/CONSO2017SA0019Ra.pdf

Question de Michele Rivasi à la Commission, le 12 juin 2017, sur les restrictions Reach applicables aux tampons hygiéniques : http://www.europarl.europa.eu/doceo/document/E-8-2017-003915_FR.html

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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