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BURE / CIGEO : la criminalisation des opposants s’accélère ! Moratoire sur le projet CIGEO !

COMMUNIQUE DE PRESSE

13 Novembre

Michèle RIVASI (députée européenne EELV, co-fondatrice de la CRIIRAD)

BURE / CIGEO : la criminalisation des opposants s’accélère ! Moratoire sur le projet CIGEO !

Le 13 novembre, le tribunal de Bar-le-Duc rendra ses jugements concernant six personnes poursuivies dans cinq dossiers essentiellement pour des faits d’« outrage » aux forces de l’ordre ou de « rébellion ».

Le lendemain 14 novembre, la Cour de cassation examinera le pourvoi de cinq autres militants contre le contrôle judiciaire dont a été assortie leur mise en examen en juin pour « association de malfaiteurs » en vue de commettre des délits.

Dans le procès de Bar le Duc, le cas du journaliste Gaspard d’Allens, opposant au projet d’enfouissements des déchets nucléaires Cigéo, est emblématique d’une justice qui bafoue les règles élémentaires d’un procès équitables. Il n’a pas pu se rendre à son procès et n’a pas été représenté faute d’avoir reçu sa convocation. Il risque trois mois d’emprisonnement et 3 000 euros d’amende sans avoir pu se défendre.

Depuis deux ans, une cinquantaine de procès, une vingtaine de perquisitions, autant d’interdictions de territoire, près de deux ans de prison ferme accumulés, des centaines de mois de prison avec sursis, une trentaine de gardes à vue, sept personnes sous contrôle judiciaire, des milliers d’euros d’amende… Le bilan de la répression des opposants à ce grand projet inutile est impressionnant et le déni démocratique et l’intimidation judiciaire est totale.

Au mois de mars déjà, des activistes de Greenpeace ont été condamnés à des peines de prison ferme. Pourtant, ils n’ont fait que montrer les failles dans la sécurité des installations nucléaires. Ce sont des lanceurs d’alerte qui défendent l’intérêt général. Aujourd’hui, nous interdisons à des militants de manifester, circuler et de stationner. Ces restrictions de liberté sont choquantes.

Se mobiliser contre un projet inutile et dangereux n’est pas un délit. Le projet Cigéo nous est imposé. Toutes les options devraient être étudiées avant qu’une décision de principe ne soit prise. L’enfouissement des déchets nucléaires sous terre est la méthode la plus commode pour le lobby nucléaire car elle est la moins visible. En attendant, on tarde à expérimenter des alternatives comme d’autres options de stockage en subsurface ou surface.

Actuellement, on n’observe que des sites d’enfouissement défaillants dans le monde. L’expérience la plus similaire à celle de CIGÉO est le Waste Isolation Pilot Plant, ou Wipp, aux Etats-Unis où plusieurs  centaines de milliers de fûts peuvent être stockés dans des cavernes de sel à 640 mètres de profondeur. En 2014, un incendie, suivi quelques jours plus tard d’un relâchement de radioactivité, libérant notamment du plutonium et de l’américium. Cet accident était supposé ne devoir jamais arriver : lors de la conception du centre de stockage, les ingénieurs avaient estimé qu’un tel accident ne pourrait se produire qu’une fois tous les 200.000 ans. Cet accident a coûté deux milliards de dollars et trois d’arrêt du site.

En Allemagne, l’enfouissement de déchets radioactifs dans une ancienne mine de sel à Asse s’est révélé être une catastrophe. Ce site doit faire face depuis plusieurs années à des infiltrations d’eau dans les parois de la saline. Le pays tente de faire machine arrière en retirant les 126 000 barils entreposés dans le site. Même en Suède, la Cour environnementale suédoise a prononcé son opposition au projet d’enfouissement à 460 mètres de profondeur dans le granite. La sûreté du projet est jugée non assurée au vue de  l’existence de risques de dysfonctionnements graves, mais aussi des problèmes de méthodes et de choix du site.

L’enfouissement des déchets nucléaires à 500 mètres sous terre est la pire des solutions.

Je demande un moratoire sur ce projet et un arrêt de la criminalisation des opposants à ce funeste projet.

Contact presse : Sébastien Barles 06 75 00 63 31

 

 

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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