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32e anniversaire de l’accident nucléaire de Tchernobyl

Communiqué de presse
26 avril 2018

« Il n’y a pas de vie saine après une catastrophe nucléaire »

Le 26 avril 1986, l’explosion du réacteur numéro 4 de Tchernobyl marque la première catastrophe nucléaire de grande ampleur en Europe. 32 ans après la catastrophe, qu’est-ce que Tchernobyl nous enseigne ? La députée européenne Michèle Rivasi, agrégé de biologie et fondatrice de la CRIIRAD créée aux lendemains de l’accident de Tchernobyl, souligne ses conséquences sanitaires et environnementales et les niveaux de contamination de la zone d’exclusion.

« La catastrophe de Tchernobyl ne relève pas du passé, la contamination perdure »

Les autorités locales et la communauté internationale se sont focalisées depuis la catastrophe sur la sécurité des réacteurs. Mais aujourd’hui, cinq millions de personnes vivent sur 150 000 km2 de terres contaminées. Il est important de se concentrer sur ces populations, leur santé et leur environnement. Depuis 2013, grâce à des collaborations entre le Parlement européen et de la Commission européenne, j’ai eu le plaisir de lancer un programme européen sur la santé et l’environnement autour de la zone d’exclusion de Tchernobyl. » (1)

« Il faut casser le mythe d’un nucléaire sans danger. Les recherches sanitaires le confirment. » Trente-deux ans après l’accident, la santé des enfants est toujours en danger. L’étude menée dans le cadre de ce programme européen analyse de nombreux problèmes de santé chez les enfants : 45 % des enfants examinés ont un déséquilibre hormonal dans la thyroïde ; 35% des enfants ont des problèmes de foies anormalement gros ; 80% des adolescents ont des problèmes cardiaques et 30 % ont une pression sanguine trop élevée. Le taux de mortalité reste élevé et beaucoup d’adultes encore jeunes sont atteints de cancers. La recherche a d’ailleurs montré une corrélation entre le cancer du sein et la radiation.

Cette étude menée dans le district d’Ivankov (un territoire contaminé se trouvant dans la région de Kiev, à 30 km de la centrale de Tchernobyl) sera rendue publique les 9 et 10 juillet 2018. Je me rendrai en Ukraine pour entendre les résultats de cette étude et pour inaugurer un laboratoire d’analyse radiométrique et spectrométrique à l’hôpital d’Ivankov et un centre spécialisé pour la santé infantile et maternel. Une cartographie des sols d’Ivankov a été également mise à jour et met en évidence que des zones hors de la zone d’exclusion de Tchernobyl ont des niveaux de pollution inappropriés pour une production de nourriture. Je pousserai à développer une cartographie pour tous les districts avoisinant la zone d’exclusion et assurer l’accès à une alimentation saine.

« Le nucléaire est un véritable fiasco »

Les conséquences sanitaires du nucléaire montrent que les choix nucléaires, lourds de conséquences, ne peuvent pas se décider dans les coulisses du pouvoir. Outre la dangerosité du nucléaire, le nucléaire est une énergie qui coûte de plus en plus cher. EDF et Areva sont en situation de détresse économique, voire de faillite pour Areva. Le marché international se rétracte depuis 20 ans et les coûts de production explosent. La filière nucléaire, soutenue à perte par l’État et les contribuables, n’est plus compétitive face aux énergies renouvelables. De plus, le nucléaire n’est pas une énergie propre, aucune solution satisfaisante n’existe pour la gestion des déchets à long terme. En les enfouissant en profondeur pour des milliers d’années, on fait porter des risques considérables sur les générations futures. Enfin, les déboires sur le chantier de l’EPR de Flamanville se multiplient : des fissures sur les blocs de béton sont observées en 2008 ; une anomalie dans la composition de l’acier du couvercle et du fond de cuve du réacteur est détectée en 2015… et EDF qui constate maintenant des défauts de soudure ! ».

Contact : Michele Rivasi / Marie-Alix Verhoeven, conseillère énergie de Michele Rivasi
michele.rivasi@europarl.europa.eu    /   Tel : 00 32 2 28 37 397

(1) Toutes les informations sur le projet européen relatif à la santé autour de la zone d’exclusion de Tchernobyl : http://www.michele-rivasi.eu/au-parlement/commission-itre/projets-relatifs-a-la-sante-autour-de-la-zone-dexclusion-de-tchernobyl/

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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